Amazon (AWS) commence l’assemblage de sa constellation Kuiper, destinée à proposer des services de connexion Internet par satellites en orbite basse. L’entreprise prévoit le lancement d’un premier lot de 27 satellites le 9 avril à partir de 12 heures (heure locale), à bord d’une fusée Atlas V de United Launch Alliance (ULA). Le premier d’une longue série pour atteindre leur objectif annoncé de 3232 satellites en orbite. Les dates de ces prochains lancements n’ont pas encore été communiquées. Toutefois, AWS précise qu’il conduira «au cours des prochaines années» quatre-vingt lancements de charges lourdes avec Arianespace, ULA, SpaceX et Blue Origin.
Ce lancement intervient près d’un an et demi après l’envoi de deux premiers prototypes en octobre 2023. Si Amazon a donné peu de détails à propos de ses satellites, l’entreprise a annoncé en avoir amélioré les performances, notamment au niveau des antennes, des processeurs, des panneaux solaires, des systèmes de propulsion et des liaisons optiques inter satellites. En outre, AWS joue aussi la carte de la durabilité en recouvrant ses satellites d’un film qui diffuse la lumière solaire réfléchie afin de les rendre moins visibles pour les astronomes au sol. «Une façon de se démarquer de Starlink, qui a longtemps pris cette problématique à la légère», précise Maxime Puteaux, conseiller industrie au sein du cabinet de conseil spécialisé Novaspace.
Un retard conséquent accumulé par Kuiper
Si les satellites de Kuiper sont plus modernes sur le papier, ils arrivent sur un marché où Starlink a déjà pris une avance considérable, avec ses plus de 7000 satellites et ses millions d’utilisateurs. Un retard conséquent, qui s’ajoute à celui qu’Amazon a déjà accumulé sur sa propre feuille de route – en 2023, Amazon estimait pouvoir ouvrir ses premiers services fin 2024.
D’autant plus que le nouveau venu n’est pas nécessairement plus compétitif que son rival. Un indicateur de performance suivi par Novaspace révèle ces écarts : le coût par mégabit transmis. «Les satellites de la première génération de Starlink coûtent environ 4 dollars/mégabit/mois. La 2e génération devrait tomber à 2 dollars/mégabit/mois. Pour Kuiper, c’est autour de 5 dollars/mégabit/mois»,clarifie Maxime Puteaux.

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«Si Starlink est largement en tête, c’est aussi parce qu’ils ont tout fait en interne, contrairement à Oneweb. Cela leur a permis d’aller beaucoup plus vite. Kuiper suit une logique similaire, avec le développement en interne de ses satellites et de ses antennes consommateurs — et en recrutant d’anciens de Starlink», indique le consultant.
Des visions différentes du secteur
Amazon et Starlink ne partagent pas les mêmes approches du secteur. Starlink a été conçu pour fournir des satellites à lancer à bord des fusées de SpaceX. Puis l’entreprise s’est tournée vers les particuliers, en proposant des services internet aux zones isolées, permettant à SpaceX de pénétrer le secteur des télécoms. Désormais, l’entreprise cible aussi les marchés militaires et gouvernementaux.
Amazon, de son côté, suit une autre logique. «Son projet Kuiper répond d’abord aux besoins internes en échange de données d’AWS, en tant que fournisseur de services internet. Il s’agit d’ajouter une voie de communication à son panel technologique», analyse Maxime Puteaux. Le service va aussi être monétisé auprès d’opérateurs télécom, et viser le grand public. L’entreprise mise sur une offre plus intégrée, comprenant du cloud, avec un objectif de mise en marché d’ici la fin d’année 2025.



