[Les pionniers de l’avion vert] VoltAero produira ses premiers avions électriques dès 2023

Nation aéronautique, la France a tout ce qu’il faut pour être aux avant-postes de la transition énergétique du transport aérien. Mais les projets tricolores d’avions décarbonés ferraillent avec une rude concurrence internationale. Zoom sur VoltAero, qui prévoit à terme de produire quelque 150 exemplaires de ses avions régionaux hybrides électriques par an.

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VoltAero Cassio
VoltAero a déjà défini le calendrier industriel de sa famille d'avions hybrides Cassio. C'est à Rochefort que sera installée l'usine de production.

Le projet est en passe de devenir une réalité industrielle. Née en 2017 à Médis (Charente-Maritime), la start-up VoltAero entre dans une nouvelle phase de son histoire avec pour objectif de mettre en service toute une gamme d’avions régionaux hybrides électriques nommés Cassio. L’usine va entrer en construction courant 2022 à Rochefort et commencera à produire les premiers exemplaires de ces aéronefs décarbonés dès le deuxième semestre 2023.

Derrière ce projet d’avion vert, l’un des plus avancés en France : Jean Botti, l’ex-directeur de l’innovation d’Airbus, nommé Ingénieur de l’année 2021 par L’Usine Nouvelle. Avec plusieurs membres de l’équipe qui avait œuvré au sein de l’avionneur à développer le petit avion électrique Efan, le dirigeant s’est lancé dans l’aventure électrique. Le succès semble au rendez-vous : VoltAero a déjà engrangé environ 70 pré-commandes, pour une valeur de 70 millions d’euros, auprès de plusieurs compagnies basées en France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Des avions made in France

"Aujourd’hui, les essais de soufflerie de Cassio s’achèvent et nous sommes en train de définir les outillages pour la future usine", précise Jean Botti. Après son tour de France et sa traversé de la Manche effectués cette année via un démonstrateur, place à la production de série ! Le calendrier industriel ? Pas moins de 30 avions devraient être assemblés en 2023, puis 90 en 2024 et 150 en 2025. C'est du moins le rythme de croisière visé par la start-up, qui veut faire décoller toute une famille d’avions verts : le Cassio 330 (4/5 places), le Cassio 480 (6 places) et le Cassio 600 (10/12 places).

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La campagne d'essais en soufflerie de Cassio s'est achevée cet automne. Image: VoltAero

La nouvelle usine nécessitera un investissement de plus de 2 millions d’euros. Elle devrait générer une centaine d’emplois, contre une trentaine de salariés aujourd’hui au sein de la start-up. Le dirigeant de VoltAero mise de surcroît sur au moins 50% de pièces fabriquées en France. Parmi les premiers fournisseurs à embarquer dans Cassio : Safran, qui va fournir ses moteurs électriques ENGINeUs. D’autres industriels, tels que Potez et Duc Hélices, sont également en discussions avancées.

En quête de financements

Avec ces avions, VoltAero espère participer à la transition énergétique du transport aérien, en visant un transport régional moins polluant, moins bruyant et plus flexible. « Ces avions pourront effectuer des vols 100% électrique sur moins de 200 km puis passer en mode hybride au-delà », assure Jean Botti. Et de fournir déjà les performances de ces appareils : un rayon d’action maximal de 1200 km, une vitesse de 360 km/h, une charge utile de 2 tonnes et une distance de décollage de 600 mètres. Outre le transport de passagers, VoltAero lorgne aussi le transport de fret et l’évacuation sanitaire.

Pour l’heure, le projet de VoltAero a reçu au total 10 millions d’euros d’aides de la part de la région Nouvelle-Aquitaine, de l’Europe et d’investisseurs privés. "Or ce type de projet coûte environ 45 millions d’euros, évalue Jean Botti. Nous devons donc encore trouver 35 millions d’euros. L’Europe pourrait de nouveau nous aider à hauteur de 11 millions d’euros le cadre du Green Deal si nous levons en parallèle 11 millions d’euros." Mais le dirigeant n’hésite pas à fustiger le manque d’aides publiques : "les aides financières sont très peu nombreuses en France en ce qui nous concerne, au point que je me suis demandé plusieurs fois si j’avais fait le bon choix en ancrant  mon projet en France". La start-up est par ailleurs en train de nouer un partenariat industriel qui pourrait donner encore plus d‘ampleur au projet.

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