C’est de loin le projet d’avion électrique le plus avancé en France. Preuve éclatante de son avance parmi ses concurrents hexagonaux, le Cassio 1 a effectué un tour de France du 5 au 11 juillet, de Lorient (Morbihan) à Rochefort (Charente-Maritime) via une dizaine d’escales. Soit un total de 2600 kilomètres parcourus. Derrière ce petit avion hybride électrique, la start-up française VoltAero de 23 salariés, basée à Médis (Charente-Maritime) et créée en 2017. L’entreprise a annoncé dimanche 11 juillet, à l’issue de l’événement, que Rochefort accueillerait justement son site d’assemblage.
Dans la droite ligne de ses ambitions tricolores, VoltAero avait toujours projeté d’assurer la production de sa famille d’avions en France, et plus précisément en Nouvelle-Aquitaine qui soutient le projet depuis ses débuts. A la clé: 100 emplois directs et 400 indirects. L’investissement représentera environ 3 millions d’euros. L’usine sera opérationnelle dès 2023. Elle produira alors 30 avions, puis 90 l’année suivante et 150 par an, déterminant alors son rythme de croisière.
Le made in France en étendard
"L’usine sera située sur une emprise de 6770 mètres carrés qui comprendra la chaîne d'assemblage, les zones logistiques et les bureaux, précise l’entreprise dans son communiqué. La construction de l'installation devrait commencer au cours du deuxième trimestre 2022." C’est toute une famille d’avions qui va progressivement sortir de cette nouvelle installation, de 4 à 10 places: le Cassio 330 en 2023, le Cassio 480 en 2924 et le Cassio 600 en 2025, le chiffre correspondant à la puissance hybride-électrique combinée en kilowatts.

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Une production made in France qui sera aussi poussée en amont de l’assemblage final des appareils: VoltAero compte mettre à profit au maximum la chaîne d’approvisionnement française. C’est en particulier le cas pour le moteur électrique. Safran, qui a fourni l’Engineus pour l’avion de démonstration Cassio 1, devrait également être le fournisseur attitré de toute la famille des Cassio, selon Jean Botti, le PDG de VoltAero. Des fournisseurs tels que Potez et Duc Hélices sont en discussions avancées. "Au final, nous devrions parvenir à un contenu français d’environ 50%, puis 30% en provenance d’Europe et 20% des Etats-Unis", relève-t-il.
Voltaero Premier vol de l'avion de démonstration de VoltAero, Cassio 1.
L’annonce de cet investissement constitue une étape décisive pour ce projet. Cet avion électrique hybride est porté par Jean Botti, ex-directeur général délégué de la technologie et de l’innovation d’Airbus, qui a quitté l’avionneur début 2016. Il a dès l’année suivante embrayé sur le projet VoltAero en constituant une équipe de choc composée pour partie des experts ayant collaboré à l’E-Fan, ce petit avion électrique qui avait, un temps, été très médiatisé. Et il ne lui aura pas fallu beaucoup de temps, malgré la crise liée à la pandémie mondiale, pour transformer son idée d’avion vert en investissement industriel sonnant et trébuchant.
"Avec ce tour de France, nous voulions faire prendre conscience que l’aviation verte made in France peut concurrencer les Américains et les Chinois, en particulier auprès des institutionnels, lance Jean Botti, PDG de VoltAero et ex-patron de l’innovation d’Airbus. Dans le segment de l’aviation générale, on est en mesure de reconquérir le marché avec les nouvelles technologies et de désenclaver certaines régions en proposant des vols point à point". Les Cassio afficheront une autonomie de 3h30, une vitesse de 360 km/h et une distance d’atterrissage et de décollage de 600 mètres.
En quête d'investisseurs
Le dirigeant de VoltAero est convaincu que ce type d’avions peut en partie révolutionner l’aviation. "Aujourd’hui, il y a 2 570 aéroports en Europe et seulement 43 par lesquels transitent 90% des passagers", chiffre Jean Botti. Le vol de courte distance, qui plus est écologique, pourrait en partie bouleverser le modèle économique existant. Les avions Cassio pourront voler en tout électrique jusqu’à 200 kilomètres, puis afficher des baisses de consommation entre 10 et 25% suivant les distances parcourues. D’où une diminution significative attendue des coûts d’exploitation. Outre le trafic régional de passagers, VoltAero vie le transport de fret et l’évacuation sanitaire.
Alors que le projet a déjà nécessité une enveloppe d‘environ 9 millions d’euros, dont un tiers financé par la région Nouvelle-Aquitaine, VoltAero est de nouveau en quête de fonds pour passer à son industrialisation. Sur les 22 millions d’euros recherchés, la moitié proviendra de l’Europe et le reste d’investisseurs privés. "J’ai reçu de belles lettres d’encouragement de la part des services de l’Etat, mais jamais rien de concret, déplore l’ancien directeur de l’innovation d’Airbus, à la tête de VoltAero. A l'heure actuelle, aucun levier ne nous a été accordé de la part du gouvernement." Un regret pour le dirigeant, mais qui ne l'empêche pas d'avancer.



