Si vous habitez à proximité d'un lycée huppé, à Deauville par exemple, vous n'avez pas pu y échapper : les micro-voitures squattent les parkings. Les quadricycles de type Citroën Ami ou Renault Twizy sont devenus un signe extérieur de richesse pour la jeunesse dorée qui n'a pas envie de se déplacer à pied, en deux-roues ou en transports en commun. Un épiphénomène ? Pas uniquement.
A la campagne aussi, dans les familles les plus aisées, le scooter des ados est parfois remplacé par une voiture sans permis (quadricycle léger ou quadricycle lourd), plus sécurisante. Les chiffres de ventes de ces véhicules restent modestes au plan national. 9000 Citroën Ami ont par exemple trouvé preneur en Europe pour la première année de commercialisation du véhicule. Un modèle qui séduit majoritairement "des familles multi-motorisées, vivant souvent hors des grands centres-villes", selon le constructeur.
Un gadget, que l'on pourrait facilement substituer par des deux-roues plus légers, électriques ou pas ? Par totalement, pour le think tank "Shift Project" de Jean-Marc Jancovici qui consacre une étude à l'automobile dans le cadre de son "Plan de transformation de l'économie française" vers une société post-carbone. Il fait du développement d'une filière des "micro-voitures" un élément central de son scénario de mutation "de l'industrie automobile à l'"industrie de la mobilité routière" à l'horizon 2050. Ce nouveau marché, ajouté au vélo et aux deux-roues électriques, pourrait même permettre à l'industrie automobile (amont et aval) de "compenser la perte d'activité et d'emplois résultant de la baisse des ventes et de l'usage des voitures traditionnelles", est-il écrit.
Avantages et inconvénients des micro-cars

- 0=
Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
- 2168+2.94
Avril 2026
Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
- 1.2165+5.8
27 Mars 2026
Gazole France HTT€/litre
Le think tank imagine même une variante de son "scénario de résilience" dans lequel la part modale de véhicules inspirés des "Kei cars" japonais pourrait grimper à 25% au milieu du siècle (des volumes comparables au marché nippon), contre 19% pour le vélo (classique ou électrique) et 15% pour les transports en commun. Il pourrait s'en vendre un million par an en 2050 en France, rêvent les auteurs de l'étude. Qui reconnaissent néanmoins que ce mode pourrait prendre des parts modales à la voiture individuelle classique, mais aussi au vélo et aux transports en commun, voire générer des effets rebond si ces micro-voitures sont choisies comme deuxième ou troisième véhicule motorisé du foyer...
Ce n'est donc pas une solution idéale, d'autant plus que les constructeurs français ne savent plus produire de petites voitures en France, quand ils n'abandonnent pas purement et simplement le segment des citadines (comme Renault et sa Twingo, ou Stellantis et ses Citroën C1 et Peugeot 108). La Citroën Ami est assemblée à Kenitra, au Maroc... bien que son moteur soit fabriqué par Valeo en France.
Au delà de ce concept de "micro-voiture", qui lui sert à appuyer son propos, le Shift Project veut surtout défendre l'idée que l'industrie automobile tricolore doit se concentrer sur la fabrication de véhicules plus légers et plus compacts, utilisant moins de matières premières, pour réduire l’empreinte carbone des véhicules hors de leur phase d’usage. Des phases amont et aval qui vont gagner en importance à mesure que les motorisations seront électrifiées. Autant dire que les SUV électriques ou hybrides n'ont pas leur place dans le scénario de résilience du Shift Project.



