Les fabricants français de câbles veulent retrouver leur niveau d’activité pré-Covid en 2021

En pleine reprise après le plongeon de 2020, les câbliers français font face à une hausse des prix du cuivre et de l’aluminium. A cela, s’ajoutent des difficultés d’approvisionnements en plastifiants et autres produits chimiques. Cela n’empêche pas la filière de se montrer optimiste et d'espérer retrouver cette année le niveau d’activité pré-Covid.

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Nexans cables connexions bornes de charge pour voitures electriques
Malgré la hausse du prix des matières premières, les fabricants de câble remontent la pente.

La filière des câbles, qui compte 8 000 salariés et 60 usines en France, remonte doucement, mais sûrement la pente. « Nous avons accusé le coup du Covid en 2020, confie amèrement Eric Francey, président du Sycabel, le syndicat des câbliers, lors d’une conférence de presse organisée jeudi 23 septembre 2021. Le chiffre d’affaires de nos membres, qui représentent plus de 90% de toute l’industrie des câbles en France, a chuté de 9,8% à 2,1 milliards d’euros. Mais compte tenu de l’effet cyclique des câbles sous-marins, la baisse atteint en réalité 19 %. »

La reprise se fait fortement sentir en 2021. Au premier semestre, le niveau d’activité a bondi de 30% par rapport au premier semestre 2020. Mais la filière est loin d’avoir retrouvé son niveau d’activité pré-Covid. Par rapport au premier semestre 2019, le chiffre d’affaires du premier semestre 2021 reste en retrait de 2,4% pour les câbles d’énergie, et de 19,4% pour les câbles télécoms.

Importations depuis l’Asie

« La situation dans les télécoms est le résultat de la vague d’importations asiatiques, et notamment chinoises, de fibres optiques, qui a déferlé au deuxième semestre 2019 et s’est poursuivie en 2020, rappelle Jacques de Heere, vice-président de Sycabel en charge des télécoms. Les opérateurs sont en train d’écouler les stocks qu’ils ont accumulés pendant la pandémie. Nous pensons que la vague d’importations va rester une malheureuse parenthèse. La Chine a besoin aujourd’hui de sa fibre optique. A lui seul, l’opérateur China Mobile va acheter cette année 140 millions de kilomètres de fibre. C’est trois fois le marché en Europe. »

Explosion des prix de l'aluminium et du cuivre

Si les indicateurs semblent bien orientés, un événement risque de freiner la reprise : la hausse des prix des matières premières. Elle dépasse les 100% pour le cuivre et l’aluminium depuis le début de l’année. C’est la plus forte flambée en dix ans. Ces deux matériaux forment les conducteurs et donc la base de tous les câbles électriques. A ce phénomène, s’ajoutent des difficultés d’approvisionnement en plastifiants, additifs chimiques et même bois.

Les causes de la flambée des prix sont multiples. La Chine a instauré une diminution de sa production d’électricité issue de centrales à charbon, affectant la production de l’aluminium. Le problème est aggravé par l’instabilité politique et le coup d’Etat en Guinée, deuxième producteur mondial de bauxite et fournisseur stratégique de la Chine.

Pas d'arrêt d'usines en vue

Le Sycabel reste en alerte et suit de près l’évolution des cours des matières premières. « Certes, nous sommes confrontés à de fortes tensions, qui pourraient affecter négativement nos ventes, reconnaît Eric Francey. Mais jusqu’ici, nous avons réussi à surmonter les difficultés et éviter les situations de blocage. Contrairement à l’automobile, nous n’avons subi aucun arrêt d’usine. Nous restons optimistes et espérons retrouver à la fin de l’année le niveau d’activité pré-Covid. » La filière se targue de ne pas avoir délocalisé la production et de s’approvisionner essentiellement en Europe.

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