En 2019, l’alliance Renault-Nissan a célébré son 20e anniversaire. L’ambiance n’était pourtant pas à la fête entre les deux entreprises. L’ex-PDG du groupe Renault, Carlos Ghosn, a passé le début de l’année en prison, accusé de malversations financières par les dirigeants de Nissan. Douze mois plus tard, même si le patron déchu est écarté, Renault doit toujours restaurer une relation saine avec son partenaire.
Réconciliation difficile entre Renault et Nissan
En janvier, la démission de Carlos Ghosn devait permettre au constructeur automobile français de tourner la page. Pour remplacer le “sauveur de Nissan” et l’homme fort de l’alliance, Renault opte pour une gouvernance plus équilibrée : Thierry Bolloré à la direction générale et Jean-Dominique Senard, ancien patron de Michelin, à la présidence. Réputé pour son caractère diplomatique, ce dernier redouble de tact avec le camp japonais.
La réconciliation n’est pas si aisée entre les deux entreprises. Outre l’impact de l’affaire Ghosn, le projet de fusion entre Renault et Fiat-Chrysler Automobiles (FCA) a un peu plus détourné Nissan de son partenaire français. Le groupe japonais redoutant d’être marginalisé dans une structure gigantesque qui serait devenue le troisième acteur automobile au monde.

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Moins de deux semaines après sa présentation officielle, le chantier est abandonné. Renault encaisse une double peine : les relations avec Nissan ne s’améliorent pas et, surtout, son rival français PSA réussit là où il échoue en signant un accord de rapprochement engageant avec FCA dès décembre. “Je ne changerai pas d’avis par rapport à la qualité du projet, et je dois féliciter Carlos Tavares, le directeur général de PSA, d’avoir su convaincre tous ses actionnaires de la pertinence du sujet”, a regretté Jean-Dominique Senard lors d’un entretien exclusif avec L’Usine Nouvelle en novembre.
Résultats en demi-teinte
Pour financer la transition vers le véhicule électrique et les nouvelles technologies de la mobilité, Renault n’a guère le choix. Le constructeur doit restaurer son alliance avec Nissan et Mitsubishi. D’autant plus que le groupe français a affiché des résultats en demi-teinte pour l’année 2018, avec une chute de son résultat net et de son chiffre d’affaires.
Est-ce à cause de ces performances décevantes que le conseil d’administration écarte Thierry Bolloré en octobre ? Officiellement, Jean-Dominique Senard veut "donner un nouveau souffle" à l’alliance. Difficile néanmoins de ne pas y voir une nouvelle rupture avec l’ère Ghosn. D’autant plus que le directeur général n’aurait pas fait l’unanimité chez Nissan et au sein même du gouvernement français. En janvier 2020, le conseil d’administration n’a toujours pas annoncé de successeur pour l’ancien bras droit de Carlos Ghosn, même si les rumeurs penchent en faveur de Luca de Meo, président de la marque espagnole Seat du groupe Volkswagen.
Le volet français de l'affaire Ghosn n'est pas fermé
Côté français, Thierry Bolloré est parti. Au Japon, le directeur général de Nissan Hiroto Saikawa a démissionné en septembre. L’alliance Renault-Nissan va-t-elle pouvoir tourner la page de l’ère Ghosn ? C'est du moins le souhait du gouvernement. "Ce n'est pas une affaire française. On est sur un sujet qui, aujourd'hui, concerne le Liban et le Japon", a déclaré au micro de RTL vendredi 3 janvier Amélie de Montchalin, quelques jours après la fuite du patron déchu vers le Liban.
Le volet français du scandale n’est pourtant pas fermé : une enquête interne de Renault a déjà relevé plusieurs dépenses suspectes de l’homme d’affaires. Son départ du Japon, malgré une assignation à résidence, prouve que nous ne sommes pas à l'abri de nouveaux rebondissements. La suite du feuilleton risque encore de coller à Renault quelques temps.



