Analyse

Les constructeurs auto européens tentés par le secteur de la défense

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La Fonderie de Bretagne, à Caudan (Morbihan), serait déjà dotée des équipements nécessaires pour fabriquer 24000 obus par jour.

Face à la crise de l’automobile, constructeurs et équipementiers peuvent-ils se diversifier dans la défense ? Beaucoup y voient une opportunité de faire grimper le taux d’utilisation de leurs sites industriels. Outre-Rhin, des entreprises comme Volkswagen et Schaeffler se sont publiquement portées volontaires. Le conglomérat Rheinmetall envisage de reconvertir ses usines de Berlin et Neuss pour y produire des équipements de défense.

S’il faut que les commandes se concrétisent, plusieurs experts interrogés par L’Usine Nouvelle estiment qu’il n’y a rien d’insurmontable sur le plan technique à modifier des usines automobiles pour produire tout ou partie de blindés, chars, avions ou missiles. «L’industrie auto est quasiment prête par nature à concevoir et fabriquer du matériel militaire», confirme Franck Vigot, le président du département automobile de Segula Technologies.

Certes, reconfigurer les usines nécessitera du temps et, surtout, de l’argent. Selon les cas, certaines fonderies et forges sont simples à transformer. Ce qui explique l’intérêt d’Europlasma pour la reprise de la Fonderie de Bretagne (Morbihan), qui serait déjà dotée des équipements nécessaires pour fabriquer 24 000 obus par jour. D’autres équipementiers pourraient opter pour une diversification dans le secteur de la défense sans devoir modifier radicalement leur outil de production. C’est le cas de BeLink Solutions, spécialiste sarthois de la production et l’assemblage de cartes et systèmes électroniques, principalement actif dans l’automobile.

Nécessaire adaptation des équipements

«Nos produits sont flexibles et nous sommes en mesure de fabriquer des moyennes séries à destination de la défense sur nos lignes très automatisées», explique son dirigeant, Gaëtan Guillemot. «Dans les usines de moteurs, on trouve également des machines qui ne demandent pas beaucoup d’adaptation, comme les machines-outils à commande numérique pour l’usinage et comme les process de fraisage ou de soudage», souligne Nicolas Verhaeghe, chez Bouygues Energies & Services, entité d’Equans.

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Preuve que ces machines sont polyvalentes, «nous avons réalisé un transfert d’équipements hors Union européenne pour un client, qui a dû demander l’autorisation à Bercy d’exporter certaines machines à commande numérique car elles pouvaient également servir à l’armement». La transformation s’annonce plus complexe pour les lignes d’assemblage final chez les constructeurs. Il faudrait réorganiser le flux de production, ce qui implique davantage d’investissements financiers et techniques. «Il y aurait une notion d’adaptation qui pourrait prendre un ou deux ans maximum», abonde Khalil Fourati, le directeur adjoint d’Equans Digital.

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Vous lisez un article du numéro 3742 de L'Usine Nouvelle - Mai 2025

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