Les investisseurs industriels ne s’y sont pas trompés. Le nouveau plan hydrogène français est taillé sur mesure pour McPhy.
Mi-octobre, le fabricant d’électrolyseurs et de station hydrogène (100 personnes, 11,4 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2019) annonçait d’ailleurs une levée de fonds de 180 millions d’euros, voyant entrer aux côtés de ses actionnaires historiques, EDF et Bpifrance, le spécialiste américain du gaz industriel Chart Industries et le parapétrolier TechnipFMC.
Ces fonds vont permettre à McPhy de changer d’échelle et d’ouvrir une usine en France. Sur son site de La Motte-Fanjas (Drôme), la PME, créée en 2008 avec une technologie de stockage solide d’hydrogène, ne fait qu’assembler des stations de distribution d’hydrogène. Ses électrolyseurs, fruits d’acquisition, sont produits ailleurs. Ceux avec la technologie PEM (membrane à échange de protons) viennent d’Italie. Ceux de la technologie alcaline sous pression, la plus prisée actuellement chez MCPhy, sont fabriqués en Allemagne.
Mais les stacks d’électrolyseur sont pour l’instant limité à une puissance de 1 mégawatt (MW). Or « pour décarboner une raffinerie, il faut 100 MW d’électrolyse et entre 250 et 700 MW pour une aciérie », rappelle Laurent Carme, le directeur général de McPhy. Pour entrer dans le jeu, l’entreprise veut développer des stocks de plusieurs mégawatts. Elle a déposé cet été un dossier de projet important d’intérêt européen commun (PIIEC), pour construire des gigafactories qui permettrait à McPhy de créer 750 emplois en Europe, dont les deux tiers en France. En attendant, avec ses capacités actuelles, l’entreprise a décroché début 2020 un contrat pour 20 MW d’électrolyse pour le chimiste Nouryon aux Pays-Bas. Mais, contrairement à ce que nous avons pu écrire, McPhy n'a pas été consulté par EDF pour 30 MW à la raffinerie de Heide en Allemagne, affirme l'entreprise.



