Nul n’est prophète en son pays. Ce proverbe illustre bien la situation actuelle d’Alstom. Ce pionnier de l’hydrogène dans le ferroviaire a fait rouler ses trains bleus en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas, mais attend toujours de pouvoir montrer son savoir-faire en France.
Outre-Rhin, en Basse-Saxe, où deux rames du Coradia iLint ont roulé dix-huit mois en service commercial avant d’être testées aux Pays-Bas, 14 rames seront livrées pour une mise en exploitation à partir de 2022. Dans la région de Francfort-sur-le-Main, ce sont 27 rames qui devraient circuler à partir de 2023. En Autriche, un train en test roule actuellement pour la compagnie ÖBB au départ de Vienne. Au Royaume-Uni, Alstom travaille avec le loueur Eversholt pour transformer des rames existantes en trains hydrogène.
"La taille de la flotte de trains n’est pas figée à ce stade, elle dépendra des demandes que feront les opérateurs britanniques à notre partenaire ", prévient Yannick Legay, le directeur technico-commercial hydrogène chez Alstom.
En France, quatre régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie) devraient passer une commande de 14 TER Regiolis et permettre aux premiers trains hydrogène de circuler en France en 2024. L’État a annoncé une aide supplémentaire de 4 millions d’euros pour accélérer le processus qui a déjà pris beaucoup de retard. L’objectif est aussi le retractionning, c’est-à-dire transformer une flotte de 300 Regiolis bi-mode électrique-diesel en bi-mode élecrique-hydrogène. Le développement du train à hydrogène est essentiel pour accélérer le développement de l’hydrogène vert. « Il consomme beaucoup d’hydrogène et il roule tous les jours pendant trente ans », rappelle Yannick Legay.



