Après les manifestations, la grève. Tandis que près de 10000 salariés de Volkswagen sont descendus dans les rues en Allemagne depuis que le constructeur automobile a annoncé son plan de restructuration début septembre, les menaces du syndicat IG Metall montent d’un cran avec l’organisation de possibles grèves à partir de ce lundi 1er décembre. Ces débrayages, dits d’avertissement, durent en général quelques heures et ont pour but d’accroître la pression sur l'entreprise avant la quatrième journée de négociations salariales prévue le 9 décembre.
Si le groupe de Wolfsburg a déjà été secoué par de telles interruptions de travail, elles sont toutefois plutôt rares, VW et les représentants du personnel préférant souvent choisir la voie du compromis. La précédente grande grève remonte ainsi à 2018 et avait mobilisé un peu plus de 50000 grévistes.
IG Metall espère cette fois fédérer davantage, d’autant que l’enjeu porte sur des fermetures de sites. Brisant un tabou, VW envisagerait en effet de fermer trois usines sur les dix qu’il compte dans le pays. Pour l’heure, les noms des villes de Emden, Osnabrück et Dresde circulent, sans certitude. Le choix est délicat, car le groupe qui emploie 300 000 personnes est le poumon économique de nombreuses régions et joue aussi un rôle-clé dans tout un écosystème de fournisseurs et de sous-traitants.
Fermetures "inévitables" selon la direction de Volkswagen
Après avoir dénoncé un accord sur la garantie de l’emploi, le constructeur pourrait supprimer plusieurs dizaines de milliers de postes, jusqu’à 30000 selon certains analystes. Cela pourrait se traduire par des départs anticipés à la retraite, la non-reconduction des contrats à durée déterminée, voire des licenciements secs. Enfin, il envisage de réduire les salaires de 10%, estimant que la part de ses coûts salariaux dans son chiffre d’affaires est la plus élevée parmi tous ses concurrents allemands. «Nous avons étudié toutes les pistes : amélioration des process, baisse des coûts logistiques et de matériel…, a indiqué le patron de la marque VW Thomas Schäfer dans le journal "Welt am Sonntag" le 23 novembre. Mais il manquerait encore quatre milliards d’euros d’économies pour que l’entreprise soit suffisamment solide pour continuer à investir. C’est pourquoi les fermetures d’usines et les licenciements semblent inévitables». Selon le groupe, ses difficultés seraient dues aux coûts élevés des matériaux et de l’énergie, à la baisse des ventes en Europe et en Chine ainsi qu’à un marché atone pour les véhicules électriques.

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Plan alternatif des syndicats
Pour les syndicats au contraire, se contenter de ces mesures serait «un aveu de faiblesse» de la part de la direction. «Il existe encore beaucoup de variables d’ajustements pour trouver des économies», a assuré Daniela Cavallo, la cheffe du comité d’entreprise, qui estime que les travailleurs n’ont pas à pâtir des retards pris par VW dans l’électromobilité et des erreurs stratégiques de la direction.
L’organisation syndicale et les représentants du personnel ont donc présenté un plan de 1,5 milliard d’euros d’économies, principalement basé sur une réduction du temps de travail et le renoncement du versement des primes sur les années 2025 et 2026. Toutefois, ils se sont dits déterminés à demander des hausses de salaires, pour compenser l’inflation. IG Metall souhaite de fait que VW s’inspire d’un accord pilote récemment conclu dans le secteur de la métallurgie et de l’électrique qui prévoit une augmentation de la rémunération des salariés de 5,1% en deux étapes.
Pour l’instant, VW a rejeté ces propositions. Si aucun accord n’est trouvé, les grèves d’avertissement du mois de décembre pourraient se transformer en débrayages de 24 heures ou des arrêts de travail illimités.



