Le secteur des cosmétiques (enfin) prêt à verdir ses emballages

Les acteurs de la cosmétique ont annoncé, jeudi 24 juin, le Plastic Act. Ce plan fixe quatre engagements chiffrés du secteur en faveur de la transition écologique de ses emballages. La Fédération des entreprises de la beauté (Febea) prévoit une économie de 8500 tonnes de plastiques en 2025.

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Après huit mois d'études, le secteur des cosmétiques, représenté par la Fédération des entreprises de la beauté (Febea), a pris quatre engagements pour réduire l'empreinte de ses emballages plastiques.

Le secteur cosmétique s'engage pour des emballages plus durables, a annoncé la fédération des entreprises de beauté (Febea), jeudi 24 juin, lors d’une conférence de presse. Poussées autant par ses consommateurs que par le législateur - la loi anti-gaspillage et pour une économie circulaire (Agec) fixe la fin des emballages plastiques à usage unique à 2040 -, les entreprises du monde de la beauté s’engagent à réduire leur empreinte plastique.

En France, le secteur en consomme 55 000 tonnes par an, soit un peu plus de 5% de la totalité des emballages plastique ménagers. Les résines pétro-sourcées pèsent 44% du poids des packagings, précise la Febea. Pour réduire ce volume, les 350 entreprises adhérentes de l’association annoncent le Plastic Act, un plan d’actions qui vise la réduction, le réemploi, le recyclage et la réincorporation de polymères. Chaque initiative est assortie d’objectifs chiffrés, qui seront portés par la fédération. Ces objectifs vont au-delà des obligations du décret 3R de mise en application de la Loi Agec, qui fixe des objectifs de réduction, de réemploi et de recyclage aux industriels d'ici à 2025 (par rapport à 2018).

15% de plastique en moins

"Notre rôle est de fédérer et d’embarquer l’ensemble de l’écosystème. Notre but est d’aller au-delà des quelques actions déjà réalisées par quelques grands acteurs pour emmener toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, dans cette dynamique de changement et de transition", indique Emmanuel Guichard, le délégué général de la Febea. En généralisant l’écoconception et en privilégiant des formules concentrées et des grands formats, le secteur entend réduire de 15% sa consommation de polymères. Il mise aussi des matériaux alternatifs comme le verre allégé et la fibre cellulosique. Il lui faut encore trouver des réponses techniques permettant cette substitution. Des programmes de R&D sont prévus pour répondre à des défis comme, par exemple, l’imperméabilisation de papier destiné à contenir une crème.

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20% de plastique réemployé

Autre objectif, les professionnels s’engagent à réemployer 20% de leur plastique avec, notamment, le développement de systèmes de recharge et de l’offre en vrac. La consigne est également envisagée, sous réserve qu’une filière émerge pour créer les conditions d’une massification.

Emballages 100% recyclables

La profession prévoit, comme l'exige le décret 3R, de permettre le recyclage de 100% de ses emballages. Les marques se préparent à effectuer un travail de "simplification et de standardisation des résines", indique Géraldine Poivert, présidente de the (RE)SET Company, cabinet spécialisé dans l’économie circulaire qui a contribué à l’élaboration du Plastic Act. Particulièrement visés, les emballages de soin et de maquillage, majoritairement composés de "matières exotiques", ne rentrent pas dans les filières de recyclage, faute de volumes homogènes. La sensibilisation du consommateur au geste de tri dans sa salle de bain est aussi prévue. Une campagne sur cette thématique sera d’ailleurs lancée à la rentrée par Citeo, indique Emmanuel Guichard.

Entre 10 et 25% de matière recyclée réincorporée

La réincorporation de plastique recyclé s’ajoute à la liste des promesses annoncées par la Febea. "La réincorporation de résine recyclée dans les contenants atteindra entre 10 et 25%", affirme Géraldine Poivert, qui souligne la difficulté d’accéder à une matière "de grade alimentaire". Si le rPET (le plastique issu des bouteilles d'eau recyclées) est disponible, ce n’est pas encore le cas du polyéthylène et du polypropylène, deux résines de commodité très utilisées par le secteur. D’autres polymères spécifiques au milieu cosmétique pourraient aussi voir le jour. "Il faut encore que leur normalisation ne soit pas en retard avec l’innovation", estime l’experte. La matière issue du recyclage chimique est attendue par les marques de la cosmétique. Grâce à ces technologies en développement, une matière usagée sera transformée en matière équivalente à la vierge, répondant à la fois aux problématiques de qualité et de quantité.

Un diagnostic mutualisé pour sensibiliser les petits acteurs

Avec ces 4R, "le secteur cosmétique est le premier à se doter collectivement d’objectifs chiffrés ambitieux", affirme le délégué général, qui annonce la mise en place d’un diagnostic mutualisé pour accompagner les TPE et PME dans la compréhension des enjeux liés à leurs emballages. "Il y a beaucoup de créations d’entreprises, dont beaucoup de petites taille qui n’ont pas d’outils de production", explique Emmanuel Guichard qui souhaite, avec ce diagnostic mutualisé, outiller ces petits acteurs, doués en marketing mais souvent éloignés des enjeux réglementaires.

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