"Les centrales nucléaires, au gaz et au charbon ont été installées près des grands centres urbains et industriels. Désormais, les énergies renouvelables sont décentralisées et les parcs éoliens onshore et offshore se trouvent majoritairement dans le nord de l’Allemagne, alors que la consommation se situe toujours majoritairement au sud", décrit Mathias Fischer, le porte-parole de Tennet, l’un des quatre gestionnaires de réseaux de transport, avec 50Hertz Transmission, Amprion et TransnetBW.
Pour réussir sa transition énergétique et atteindre ses objectifs climatiques, l’Allemagne doit complètement revoir l’organisation de son réseau, sur au moins 210 000 km. D’après une étude commanditée par le fournisseur d’énergie E.on, l’investissement pourrait représenter plus de 111 milliards d’euros d’ici à 2050. Il faudra notamment construire de nouvelles autoroutes à très haute tension, pour acheminer l’électricité du nord au sud.

Source : Ministère allemand de l'Économie et des Finances
Tennet a la charge de deux d’entre elles : SüdLink du nord au sud, nécessitant un investissement d’environ 10 milliards d’euros. Elle pourrait être achevée en 2026. La deuxième, SüdOstLink (dans le Sud-Est), sera terminée en 2025, pour 4 à 5 milliards d’euros. Tout comme le Corridor A réalisé par Amprion, qui longera la frontière néerlandaise et belge. "Leur construction a pris du retard, car il était prévu de réaliser des lignes aériennes, concède Mathias Fischer. Mais face à l’opposition de la population, il a été décidé, en 2016, d’enterrer les lignes. Nous avons dû revoir le tracé en tenant compte de nouveaux impératifs, comme ceux des agriculteurs."



