Lancé par Renault en 2020, le projet Refactory de transformation du site de production de Flins, à Aubergenville dans les Yvelines, en première usine européenne d’économie circulaire dédiée à la mobilité avance à grand pas. En 2024, l’usine, d’où sortent encore 360 voitures par jour, cessera toute activité d’assemblage. D’ici là il faudra réussir sa mutation pour assurer la pérennité de l’établissement et ses emplois. Aujourd’hui 800 salariés sont déjà affectés à Refactory sur les 2 800 que totalise l’usine. D’ici 2030, Refactory devrait employer 3 000 salariés. « Nous voulons lancer vite les nouvelles activités pour aider les gens à se projeter dès maintenant dans ce nouveau cadre. Il faut rassurer à la fois sur la pérennité de activité et sur les compétences nécessaires pour les réaliser », a expliqué Jean-Philippe Billaï, directeur de l’usine et de Refactory, lors d’une visite de presse organisée mercredi 20 juillet.
Refactory s’articule autour de l’idée d’offrir une seconde vie aux véhicules, aux batteries, aux organes essentiels et se structure autour de quatre pôles : Retrofit, pour prolonger la vie des véhicules ; Reenergy, spécialisé dans les énergies ; Recycle pour optimiser la gestion des ressources ; Restart qui complétera ce vaste écosystème avec un volet formation et innovation dans l’économie circulaire.
Centre de reconditionnement triple XL
La première pièce de ce puzzle a été la Factory VO. Ouvert dès septembre 2021, ce centre XXL de reconditionnement a déjà remis à neuf 12 000 véhicules et continue de monter en puissance. « Nous traitons actuellement 80 véhicules par jour en deux équipes. La création d’une troisième équipe est prévue en septembre afin d’atteindre l’objectif de 100 véhicules par jour avec 180 personnes. Nous sommes déjà multimarques et plus nous progressons en compétences plus nous pouvons prendre de nouvelles marques », a détaillé Jean-Bernard Lacquit, chef de département Factory VO.
S’étalant sur six jours, le processus de reconditionnement se déroule en 19 étapes. Il se termine à l’atelier cosmétique où des mains soigneuses bichonnent une dernière fois le véhicule avant son passage au contrôle qualité qui est suivi d’une séance photo. Dans une immense cabine inondée de lumière, il est pris sous tous les angles [197 photos, ndlr]. Hébergés sur le cloud, ces clichés peuvent être utilisés comme support visuel à la vente avant même que le véhicule soit revenu dans la concession.

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P. Désavie L’activité Remanufacturing de l’usine de Choisy-le-Roi est désormais entièrement transférée à Flins. ©P. Désavie
Le transfert des activités de reconditionnement de pièces détachées de l’usine de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) est, de son côté, en voie d’achèvement. « Les premières activités ont été transférées en décembre 2021 et les dernières machines devraient être installées fin juillet. Sur les 260personnes du site de Choisy-le-Roi, 50% sont venues à Flins et pour constituer le reste de l’effectif nous avons intégré des personnels venant de l’activité véhicule de Flins. En moyenne annuelle, nous sortons 50000turbo en échange standard, 30 000 boîtes de vitesse et 45000moteurs », a commenté Patrice Parichout, chef de département Remanufacturing.
Une vie après l’automobile pour les batteries
Le pôle Reenergy poursuit sa mise en place autour de l’activité de réparation, de réutilisation et de recyclage des batteries. Il devrait en traiter un millier en 2022. « Les batteries ont une durée de vie plus longue que prévue. Donc leur retour se décale dans le temps et nous allons plutôt commencer à en recevoir de façon significative en 2024 ou 2025 » a précisé Jean-Philippe Billaï. Autre élément de ce pôle, l’unité pilote d’assemblage et de test des piles à combustible de la co-entreprise Hyvia.
P. Désavie La co-entreprise Hyvia, spécialisée dans la mobilité hydrogène, a commencé à fabriquer ses pile à combustible à Flins. ©P. Désavie
« Notre capacité initiale de production est de 1000piles par an et de 50stations de recharge », a souligné Olivier Cormier, directeur industriel de Hyvia. Toutefois, l’entreprise qui propose tout un écosystème centré sur la mobilité hydrogène prévoit d’occuper jusqu’à 40 000 mètres carrés en 2029 pour son déploiement industriel.
L’année en cours sera également marquée par la poursuite du projet de centre d’innovation de l’industrie avec ses activités fabrication 3D et retrofit de robots et l’ouverture du premier campus de formation dédié à l’économie circulaire et du hub d’innovation qui pourrait accueillir une trentaine de start-ups.
Renault vient également de lancer un projet de passage de véhicules utilitaires de la motorisation thermique à l’électrique (en partenariat avec la start-up Phoenix Mobility) et un autre de création d’une deuxième factory dédiée à la carrosserie lourde. Ces deux projets devraient aboutir en 2023.



