C’est une annonce surprise. Luca de Meo et Renault, c’est fini ! Confirmant une information du Figaro, le constructeur au Losange a officialisé dimanche 15 juin dans la soirée le départ de son directeur général depuis 2020. Le dirigeant aurait trouvé un nouveau point de chute : le groupe Kering, dont il pourrait prendre la tête en raison de la volonté de l’actionnaire majoritaire et actuel PDG, François-Henri Pinault, de dissocier les fonctions de président et directeur général.
Un futur «en dehors du secteur automobile»
«Luca de Meo a fait part de sa décision de quitter ses fonctions afin de relever de nouveaux défis en dehors du secteur automobile», confirme Renault dans un communiqué, qui précise que le départ du dirigeant italien de 58 ans sera «effectif le 15 juillet 2025». Le groupe automobile ajoute que «le conseil d’administration a lancé le processus de désignation d’un nouveau directeur général sur la base du plan de succession déjà défini.»
Pour sa part, Kering n’a pas encore confirmé l’arrivée de Luca de Meo rue de Sèvres, à Paris. «Le choix du patron de Renault comme directeur général pourrait être officialisé dans les prochains jours», assure le Figaro.
Luca de Meo aura fort à faire chez Kering, plombé depuis plusieurs années par les contre-performances de ses maisons, dont la première d'entre elles, Gucci. En 2024, le groupe de luxe a vu son chiffre d'affaires chuter de 12%, à 17,2 milliards d’euros et son résultat net s'effondrer de 62% sur un an, à 1,1 milliard d’euros.

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Février 2026
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L'artisan de la «Renaulution»
Luca de Meo a rejoint le groupe Renault en juillet 2020, dans une période très sombre pour le constructeur au Losange. Ses finances étaient dans le rouge et son alliance avec le japonais Nissan au point mort, après la chute fin 2018 de son PDG Carlos Ghosn. Empêtré ensuite dans la crise du Covid, le constructeur tricolore était à la dérive.
L’arrivée en 2019 en tant que président de Jean-Dominique Senard, jusqu’alors dirigeant du pneumaticien Michelin, conjuguée à celle de Luca de Meo a permis à Renault d’opérer sa «Renaulution» : réduction des coûts, optimisation des sites industriels, investissement dans les véhicules électriques pour renouveler sa gamme… sans oublier la remise à plat de son Alliance avec Nissan, moins imbriquée que par le passé et davantage fondée sur des partenariats ponctuels entre deux acteurs désormais à égalité sur le plan capitalistique. Sous sa conduite, Renault a connu un redressement financier spectaculaire, passant d'une perte historique en 2020 à un taux de marge record en 2024.
Chez Renault, Luca de Meo, qui a longtemps évolué dans le giron du groupe Volkswagen (il est l’ancien patron de la marque espagnole Seat) après un début de carrière en 1992 chez... Renault avant de rejoindre Toyota puis Fiat, a déroulé son sens du marketing au service d’une iconique marque française de l’automobile. Fidèle à sa recette, cet adepte des petites citadines a mis en œuvre sa stratégie «néo-rétro» consistant à puiser dans les livres d’histoire des marques pour redonner vie à leurs modèles emblématiques. Il a d’ailleurs récemment relancé chez Renault la Renault 5 et la 4L.
Ces deux véhicules, comme l’ensemble des véhicules électriques du groupe en 2025, sont fabriqués en France.La première est assemblée à Douai(Nord) en compagnie de la Mégane e-Tech, de la Scenic et de l’Alpine A290. La seconde est construite à Maubeuge (Nord), qui fabrique historiquement des véhicules utilitaires, tout comme l’usine de Sandouville (Seine-Maritime) qui s’apprête à assembler une nouvelle génération de véhicules utilitaires.
Luca de Meo a veillé à placer l’Hexagone au cœur de la stratégie industrielle de Renault, y compris sur les composants. Les moteurs et boîtes de vitesse sont usinés à Cléon (Seine-Maritime), les carters de batterie à Ruitz (Pas-de-Calais). Il aura néanmoins dû consentir à stopper l’assemblage de véhicules dans l’usine de Flins (Yvelines), qui a produit en mars 2024 sa dernière Renault Zoé. Le site industriel est en phase de reconversion vers diverses activités liées à l’économie circulaire.



