L’impact environnemental de l’intelligence artificielle (IA) est sur toutes les lèvres. À l’occasion de son évènement annuel AI-Pulse, la filiale du groupe Iliad spécialisée dans le cloud Scaleway a présenté un calculateur d’empreinte environnementale. Presque tous les intervenants de la matinée ont aussi évoqué le sujet de l’environnement. Est-ce la preuve d’une réelle prise de conscience ?
ChatGPT, 10 fois plus gourmand qu'un moteur de recherche
Le coût environnemental de l’IA, et notamment de l’IA générative – qui regroupe les algorithmes permettant de générer du texte, des images ou des vidéos – est conséquent. À côté de son calculateur d’empreinte environnementale, Scaleway a d’ailleurs annoncé qu’il opérera bientôt plus de 5000 GPUs soit une capacité de calcul multipliée par cinq en un an. Cette tendance n'a qu'un but : répondre aux besoins effrénés des acteurs de l’IA qui ont besoin de ces processeurs graphiques pour entraîner leurs modèles.
La consommation énergétique reste importante lors de l’utilisation de ces technologies : une requête posée à une IA générative comme ChatGPT consomme 10 fois plus d’énergie qu’une recherche sur Google, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Cette dernière ajoute qu’aujourd’hui l’IA consommerait 0,03% de la consommation électrique mondiale.
Des données difficiles à établir précisément puisque les acteurs développant des modèles d’IA générative sont très secrets. Ils ne communiquent pas sur la puissance de calcul nécessaire pour la mise ou point de leurs grands modèles de langage (LLM) qui sont les réseaux de neurones, entraînés sur de très grandes quantités de données, derrière l’IA générative. «Je pense qu'il va devenir très important de savoir comment alimenter ces modèles d'intelligence artificielle avec une énergie verte, comment s'assurer que nous continuons à encourager l'utilisation de cette technologie sans endommager la planète», a indiqué dans ce sens Clara Chappaz, secrétaire d'État chargée de l'IA et du numérique, lors de l’évènement AI-Pulse.
Quelle techno pour quel cas d'usage ?
Plusieurs acteurs évoquent à la tribune le parc nucléaire français et l’électricité décarbonée qui en découle. Un discours qui va dans le sens des annonces récentes des géants du numérique qui investissent dans la fusion. Amazon a noué des partenariats avec Energy Northwest pour la construction et l’exploitation de petits réacteurs nucléaires (SMR) et a investi dans la start-up X-Energy qui développe de tels réacteurs. Google s’est rapproché de la start-up Kairos Power pour la construction de miniréacteurs nucléaires. Et Microsoft souhaite remettre en service un réacteur nucléaire de la centrale Three Mile Island en partenariat avec Constellation Energy.
Une multiplication d’annonces qui masque un autre débat plus éthique et sociétal. Pourquoi développons-nous ces technologies d’IA ? En avons-nous réellement besoin ? Et pour quels usages ? OpenAI a lancé son moteur de recherche adossé à ChatGPT pour concurrencer Google alors même que son IA générative consomme plus qu’un moteur de recherche traditionnel… D’autres voix se font entendre pour parler d’IA frugale et de la nécessité d’adapter la technologie à l’usage. Si l’IA générative est le sujet du moment, ce n’est pas la technologie à utiliser pour tous les cas d’usages. Et la question de son empreinte environnementale doit être traitée sérieusement.



