Le groupe Iliad (Free) affiche des ambitions européennes

Iliad, la maison mère de Free, présentait ses résultats pour 2022 jeudi 23 mars. Avec une croissance forte, le groupe se présente désormais comme le sixième acteur européen du marché des télécoms et ne compte pas en rester là. Le marché B to B pourrait être un des axes d'accélération dans les mois qui viennent.

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Thomas Reynaud  Directeur général Free
Thomas Reynaud, le DG du groupe Iliad est à la tête du sixième groupe télécoms d'Europe.

«Fini le temps où on était le petit dernier en France : nous sommes désormais le sixième opérateur européen avec 46 millions d'abonnés», s'est félicité Thomas Reynaud, le directeur général d'Iliad (la maison-mère de l'opérateur Free). Le groupe annonçait jeudi 16 mars une croissance organique (à périmètre égal) de 6,9% de son activité qui atteint 8,4 milliards en 2022.

Devenir numéro 3 en Europe

La croissance était de 6,9% en France, 15,5% en Italie et de 3,7% en Pologne. Côté EbidtaaL, la progression est de 8,0 % pour 3,3 milliards d'euros. En un an, le groupe a conquis 2,7 millions de nouveaux abonnés dans ces trois pays, notamment via l'acquisition d'une société en Pologne. L'Arpu, le revenu moyen par utilisateur, a aussi augmenté, alors même que l'opérateur s'est engagé à ne pas modifier ses tarifs en période d'inflation. Cette hausse est alimentée par les usages des consommateurs qui utilisent davantage de fonctions ou migrent vers des forfaits de rang supérieur.  

Le groupe de télécoms créé par Xavier Niel n'entend pas en rester là. Il compte accélérer notamment en Europe, où il pourrait maintenant tenter de s'implanter dans un quatrième pays. Son objectif est de figurer dans le top 3 des grands opérateurs télécoms de l'Union européenne, sans rien perdre de son identité de trublion. Pas question, a indiqué en substance le directeur général, de devenir un acteur institutionnel, Iliad entend continuer à conserver son caractère d'innovateur qui vient rebattre les cartes du jeu du marché. Soit l'image qu'il a acquis avec la Freebox en France notamment. Pour le dire autrement, Thomas Reynaud a indiqué avoir "la conviction qu'on a besoin d'avoir de grands opérateurs télécoms européens mais qui ne soient pas dans la continuation des opérateurs historiques". 

Le marché B to B en ligne de mire

Pour continuer à croître en Europe, le directeur général et l'équipe dirigeante d'Iliad indique disposer de suffisamment de réserves pour continuer à investir. En 2022, le montant des investissements a été de 2,14 milliards. Ces sommes ont été dépensées, assure Thomas Reynaud, pour améliorer la qualité des réseaux fixe et mobile. Côté fixe, Iliad rappelle qu'il a parié très tôt sur la fibre et que l'entreprise va continuer dans cette voie.   

Le marché professionnel devrait aussi être l'un des axes de développement. Pour l'heure, l'offre B to B est essentiellement française. Le chiffre d'affaires en 2022 était de 200 millions d'euros avec 35 000 clients entreprises de toutes tailles (des TPE comme des grandes groupes, citant l'exemple du site de Dunkerque d'Alcatel Submarine network) qui sont passées chez Free. L'objectif est d'atteindre 400 à 500 millions d'ici à 2025. «Pour l'heure on s'est concentrés sur le fixe», a indiqué Thomas Reynaud. Ce dernier promet d'importantes annonces à venir avec des offres de cybersécurité en direction des TPE et des PME. Elles devraient être déclinées dès cette année en Italie, puis en Pologne.

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