Sauvegarder la nature, tel est l'objectif suprême des 39 mesures dévoilées par le gouvernement en plein remaniement ministériel, le jeudi 20 juillet 2023. Cette « stratégie nationale de biodiversité » (SNB) fixe la feuille de route jusqu’en 2030. A partir de 2024, un budget de 264 millions d’euros s’ajoutera aux 300 millions annuels du fonds friche, et les 100 millions pour la renaturation. La Première ministre Elisabeth Borne avait déjà évoqué cette enveloppe supplémentaire le 12 juillet, précisant qu’elle porterait à « près d'un milliard d'euros » en 2024 les financements consacrés à la biodiversité.
Cette annonce très attendue est déjà la troisième SNB. Elle doit permettre l’application de l’accord international signé à Montréal en décembre 2022. Les 18 mois de concertations et les quelque 4 000 contributions n’avaient débouché que sur la mise en place d’un seul volet en mai 2022. La mission veut « avant tout s’attaquer aux pressions qui s’exercent sur la biodiversité », et « restaurer la nature partout où c'est possible ». Le portefeuille de l’Ecologie devient en même temps celui de la Biodiversité, et Sarah El Haïry (MoDem) remplace Bérengère Couillard comme secrétaire d’Etat, quelques heures seulement après l’annonce de la SNB.
400 nouvelles aires protégées d’ici 2027
Parmi les mesures, l'Etat promet « un service » particulier à destination des entreprises. Il doit accompagner celles-ci dans leurs obligations de lutte contre les trafics d’espèces menacées, la déforestation importée ou l’importation de minerais issus de conflits. Dans le détail, sur les 264 millions d’euros, 114 seront dédiés à renforcer « l’effectivité » des aires protégées. 80 millions seront alloués à la protection des écosystèmes, 18 millions à celle des espèces, 15 à celle des milieux forestiers. 6 millions d’euros seront attribués à l’accompagnement de la restauration des sols.
La mer est particulièrement prise en compte : 6 millions seront fléchés vers la protection des milieux marins. Le gouvernement veut placer 5% de la mer métropolitaine « en protection forte » dont 100% des herbiers de Posidonie, une espèce sous-marine endémique de Méditerranée qui capture très bien le carbone. L’emplacement du futur « parc national des zones humides », attendu depuis 2008, doit être dévoilé à l’automne 2023.
Comme annoncé à la mi-2022, 500 millions d’euros seront mobilisés en plus de l’enveloppe de 264 millions. Sur une période de cinq ans, entre 2022 et 2027, ils serviront à favoriser le retour de la nature en ville. Plus de 400 nouvelles aires protégées seront « engagées » d'ici 2027. Un autre défi à relever est celui des espèces envahissantes. Le gouvernement a rappelé son objectif fixé en 2022 de mener 500 « opérations coup de poing » d’ici 2025, en particulier dans les régions et départements d’outre-mer, pour « lutter contre des espèces en cours d’installation ». Les 150 membres du Conseil national de la biodiversité (CNB) doivent maintenant examiner les 39 propositions et rendre leur avis d'ici fin septembre 2023.



