Luca de Meo a remis Renault sur de bons rails. Chez Kering, il va s'attaquer à un défi tout aussi compliqué. Il va trouver un groupe en panne de croissance, confronté à la chute de ses ventes en Chine, à la baisse de désirabilité de ses marques, et à une génération Z plus volatile que jamais. Il devra notamment relancer Gucci, ex-poule aux œufs d’or, en perte de vitesse depuis plusieurs années…
Un défi pour ce dirigeant qui n'a jamais travaillé dans le luxe. Avant le groupe Renault, il était chez Seat et encore avant chez Fiat… Pour autant, tout le monde lui reconnaît un sens aigu du marketing. La Fiat 500, Cupra, la marque sportive de Seat la relance avec succès de modèles aussi iconiques que la R5 et la 4L., c’est lui ! Et même si on ne vend pas une robe ou un sac de grands couturier de la même façon, la logique est la même : créer du désir ! C’est bien pour cela que Kering est venu le chercher. Le géant du luxe ne s’en cache pas. Les discussions ont été lancées il y a plusieurs mois et son nom a très vite fait l’unanimité. «En plus il parle parfaitement français et italien», note t-on au siège du géant du luxe très partagé entre les deux pays.
Fatigue des dirigeants industriels
Le départ de Luca de Meo raconte aussi une autre histoire : celle d’un certain désenchantement des grands patrons pour l’industrie, soumise à des régulations lourdes, des pressions politiques, des marges faibles. Malgré la relance, l’avenir très incertain de Renault et l'interventionnisme permanent de l'État ont joué dans son envie d’ailleurs. À l’inverse, le luxe offre un pouvoir plus libre, des cycles plus courts, des salaires plus hauts. Mais le luxe doit aussi se réinventer. Un défi majeur s’ouvre donc pour lui. S’il réussit, on saura que finalement on peut vendre des Clio et des sacs Saint Laurent avec les mêmes ressorts !
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