Pour maintenir l’objectif de +1,5°C, la neutralité carbone ne sera pas suffisante. Dans son dernier rapport, le Giec rappelle qu’il n’est plus possible d’atteindre les objectifs de température de l’accord de Paris sans émissions négatives. Certaines émanations résiduelles de gaz à effet de serre (GES) seront difficiles à faire disparaître, notamment dans l’agriculture, l’aviation et le transport maritime.
Il faut donc éliminer le CO2. «Le climat est déjà instable et le temps presse. Toutes les technologies de gestion du carbone doivent être utilisées en même temps», rappelle Sylvain Delerce, ingénieur chez Carbon Gap, une ONG européenne. Si le CSC permet bien d’intercepter le CO2 en sortie d’usine, de le capter et de le stocker, il n’élimine pas celui déjà présent dans l’atmosphère. Il faut donc investir aussi dans le «arbon removal» où le CO2 est retiré de l’atmosphère et stocké durablement dans des réservoirs géologiques, terrestres ou océaniques.
Certes, reconnaît le scientifique, ces technologies sont «naissantes. Mais c’est comme le solaire au début, qui était très coûteux, peu efficace et donc décrié. Des politiques de soutien ont permis d’augmenter les performances et la productivité. Et aujourd’hui, c’est l’une des énergies les plus compétitives». Selon lui, il faut donc «une vision stratégique climatique à long terme». D’autant que développer ce secteur offre de bonnes perspectives économiques et de création d’emplois. Dommage, donc, que «la France soit au point mort sur ce sujet».

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3718 - Mai 2023



