La mobilisation pour le recyclage des capsules de café en aluminium semble payer. Autrefois amplement questionnés pour leur empreinte environnementale, ces produits de quelques grammes sont aujourd’hui reconnus moins impactants par la réduction des quantités de café, d’électricité et d’eau qu’ils permettent dans la préparation du breuvage. En tout cas, ils sont beaucoup mieux considérés que le café filtré. Sans doute les initiatives portées en France par le Club de l’emballage léger en aluminium et en acier (Celaa) et par l’Alliance pour le recyclage des capsules en aluminium (Arca), dans lesquels Nespresso et JDE Peet’s jouent un rôle déterminant, expliquent-elles en partie ces évolutions.
Dans le cadre du « Projet métal » lancé par ces deux associations, en coopération avec Citeo et l’Association des maires de France (AMF) en 2014, la couverture nationale du recyclage s’est nettement accélérée. En 2024, 65 centres de tri sont équipés de machines à courant de Foucault en France métropolitaine et les deux tiers des habitants de l’Hexagone peuvent jeter leurs petits emballages métalliques directement dans le bac de tri pour qu’ils soient recyclés. Ce sont ainsi quelque 6 800 tonnes de ces contenants en aluminium qui ont pu être traitées en 2023, les capsules, encore impossibles à isoler et quantifier précisément, étant estimées représenter une petite moitié de ce gisement. Signataires d’une nouvelle charte d’engagement le 5 novembre 2024, les partenaires veulent désormais atteindre les 75% d’ici à fin 2025, et 90% d’ici à 2029, soit 50 puis 60 millions de personnes.
Collecte dédiée
À ce dispositif s’ajoutent ceux propres à certains fabricants, Nespresso en particulier, ou encore Lavazza en collaboration avec Terracycle, et la collecte dédiée : plus de 2000 points de récupération sont installés dans des grandes surfaces ou des déchetteries. Ces projets nécessitent toutefois des campagnes de sensibilisation régulières au geste de tri : si, selon une étude de l’Ifop menée pour l’Arca, 75% des consommateurs trient leurs capsules « au moins de temps en temps », ils sont seulement 48% à savoir qu’elles sont toujours recyclables et 33% pensent que cela dépend de la marque, pour un taux effectif de traitement généralement estimé à 25%. En parallèle, plusieurs industriels ont conçu des alternatives compostables, à domicile de surcroît. « En complément et non en substitution », précise-t-on chez Nespresso. Chez Nestlé, Nespresso propose des capsules compatibles à base de papier, tandis que Nescafé Dolce Gusto a lancé un nouveau procédé, Neo, qui fonctionne avec des capsules associant papier, biopolymère et cellulose. Pour sa part, le distributeur suisse Migros a frappé fort en 2022 avec le « système à capsule sans capsule », à savoir CoffeeB et ses boules de café enrobées d’une membrane végétale en alginate. Ce faisant, ils répondent notamment aux torréfacteurs clients du français Vegeplast, fervent défenseur du compostable depuis le début, ou à la solution des dosettes Senseo, également en papier.
Marc de café
Cependant, en France, leur développement est freiné par la législation : l’arrêté du 15 mars 2022, qui liste les emballages et déchets compostables pouvant être collectés conjointement avec les biodéchets triés à la source, n’autorise que les capsules et dosettes à café « composées d’au moins 95% de papier ». Or, pour Senseo, l’emballage est constitué de papier à 71% et du scellant en acide polylactique (PLA) à 29%, le tout représentant seulement 2,4% du produit. Pourtant conformes à la norme EN 13 432, et malgré les essais de compostage et de méthanisation réalisés par JDE, leur fabricant, les dosettes peuvent donc être compostées à domicile, mais pas industriellement ! Sans lire dans le marc de café, il y a fort à parier que les grandes manœuvres vont se poursuivre pour lever les obstacles.



