Le café, indétrônable, mais en plein bouleversement

Pilier du quotidien des Français, le « petit noir » s’adapte à l’évolution de leurs attentes gustatives et écologiques. Mais les particularités du produit freinent les développements. Alors que les cours du café explosent depuis plusieurs mois, le « pack » demeure néanmoins le principal outil de « débanalisation » pour des marques en quête de « différenciation » sur un marché hypercompétitif. Avec ce premier article du dossier paru au mois de novembre 2024, installez-vous au comptoir avec Emballages Magazine. Vous reprendrez bien un café ? 

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Dossier Café Novembre 2024 Emballages Magazine
Le café est-il soluble dans l'innovation ? Dans un dossier sans filtre, Emballages Magazine donne du grain à moudre.

« Leproduit fait partie de notre quotidien, il concerne tout le monde, c’est un symbole de convivialité, créateur de lien », observe Vincent Prolongeau, directeur général de JDE Peet’s France, le numéro un du marché. Plusieurs données le confirment : neuf foyers sur dix achètent du café et cela représente 7,2 kg par acheteur, selon NielsenIQ. Ainsi, d’après les ventes en grande distribution (GMS), il se boirait plus de 30 milliards de tasses par an dans l’Hexagone. Beaucoup plus, évidemment, si l’on prend en compte le hors-domicile, estimé à 15% de la consommation. « Le marché du café est un véritable "blockbuster" », traduit Anna Ducruet, responsable communication et RSE de Nescafé Dolce Gusto en France. Cela provoque d’ailleurs des envies d’extension, comme vu au Salon international de l’alimentation (Sial) en octobre 2024, puisque des entreprises proposent des recettes aromatisées assorties d’allégations de santé ou des alternatives à base de graines de lupin à l’« empreinte écologique imbattable ».

Cette place du petit noir, jus ou caoua, dans les habitudes de consommation n’est pas impactée par une transformation structurelle des achats et des goûts. Même si, dans le café de commodité, préemballé, le moulu reste majoritaire, il ne cesse de décliner depuis dix ans (–32% en volume en GMS depuis 2015, d’après NielsenIQ) au bénéfice des capsules et dosettes – le portionné – d’abord (+27%), et du grain plus récemment (+72% depuis trois ans). Le phénomène est amplifié par les arbitrages en fonction du prix moyen à la tasse, favorable au soluble et au grain, quand bien même l’inflation, due aux hausses majeures des cours de l’arabica et du robusta, est contenue grâce au poids du portionné, avec entre 5 et 6 g de poudre dans une capsule et la montée des marques de distributeurs (MDD) sur ce segment.

Attentes de consommateurs 

Ces évolutions, couplées aux attentes des consommateurs et aux nouvelles ou futures exigences réglementaires, en particulier environnementales, expliquent les bouleversements actuels du marché en termes de systèmes de préparation, de Nespresso à Neo en passant par CoffeeB, et d’emballages, au moins pour les produits de la GMS. « Une demande croissante pour des cafés plus durables qui ne font pas l’impasse sur le goût et la variété », résume Léonard Meyer, directeur du marketing de Nescafé Dolce Gusto. Et ce, avec une difficulté importante et constante : la qualité du breuvage et ses propriétés organoleptiques dépendent très étroitement de la préservation des arômes et de la protection de la précieuse matière première contre l’oxydation et la lumière. Elle avait d’ailleurs inspiré l’invention de la valve de dégazage à Goglio et explique que des voies restent à explorer.

Recyclabilité oblige

Ainsi les monorésines, spécialement le polyéthylène en France, s’imposent-elles progressivement dans les sachets, de moulu comme de grains, recyclabilité oblige. Cependant, moins faciles à travailler, elles requièrent une révision très précise des paramètres de process sur les machines de conditionnement. L’intégration de matière recyclée sera la prochaine étape. Le papier est également expérimenté, mais la question de la stabilité de la barrière demeure non résolue. Pour le portionné, les défis portent sur l’effectivité du recyclage et du compostage, y compris domestique. Les solutions valorisables semblent désormais éprouvées, dès lors qu’elles sont en aluminium, en polypropylène ou en papier, moins ou pas du tout pour les biopolymères, sans filière dédiée. Par ailleurs, les tendances des différents traitements sont prometteuses : d’après un sondage Ipsos pour Nescafé Dolce Gusto, 41% des consommateurs recyclent leurs dosettes et 45% déclarent composter leur café. Cela révèle néanmoins le besoin de pédagogie et d’encouragement au geste de tri. En revanche, pour le café de spécialité, dans les « coffee shops », les brûleries et chez les torréfacteurs indépendants, en pleine expansion et moins exposés à ces changements, ces sujets n’en sont pas vraiment, puisque le vrac domine. Mais cela reste une niche.

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