Avec environ 62 000 tonnes de déchets composites générées chaque année dans le monde, la question du recyclage de ces matériaux ultra-performants est de plus en plus prégnante. Mais les réponses peinent à émerger, face aux difficultés techniques. La jeune pousse Fairmat veut relever le défi et vient de lever 8,6 millions d’euros auprès du fonds Singular et « d’entrepreneurs de la tech et de capitaines d’industries ».
L’ambition de Fairmat est d’utiliser « les déchets en des composites en fibres de carbone pour produire un nouveau matériau composite haute performance, explique Benjamin Saada, fondateur de FAIRMAT. Notre idée est de réincorporer, de manière contrôlée, des composites dans une nouvelle matrice ». Les déchets composites proviendront de l'aéronautique ou encore du secteur éolien, dont la première génération de turbines devra bientôt être démontée.
Ni broyage ni traitement thermique
La start-up ne dévoile guère les détails de son procédé. Seuls deux éléments ont été mis en avant : aucun broyage ne devrait intervenir lors du processus, pour ne pas réduire les propriétés mécaniques des fibres de carbone, et le matériau ne subira également aucun traitement thermique pour séparer les fibres du polymère (comme dans le cas de la pyrolyse).
Selon Benjamin Saada, c’est grâce à la robotique et à l’intelligence artificielle que la nouvelle matière pourra voir le jour. « Notre technologie va s’appuyer sur plusieurs robots pour placer et aligner les fibres avec précision dans la nouvelle matrice, afin d’obtenir les meilleures propriétés mécaniques, explique l’entrepreneur. Nous allons également mettre au point des algorithmes qui nous permettront de conserver une qualité constante dans le matériau ».
Première production prévue en 2022
Fairmat devrait en dire un peu plus au premier trimestre 2022. Mais avance déjà un gain de 41 kilos de CO2 par kilo de matière recyclée. « L'Ademe estime que la production d’un matériau composite en fibres de carbone neuf produit environ 50 kilos de CO2. Nous avons calculé que notre procédé génère 9 kilos de CO2 », compte Benjamin Saada. Qui affirme que le matériau de Fairmat pourra être utilisé dans des applications nécessitant des hautes performances, notamment dans l’aéronautique.
Ce premier tour de financement de la start-up va permettre la maturation des technologies. La production du matériau est prévue pour 2022, dans une usine qui disposera d’une capacité de 5000 tonnes par an.



