Hydrogène vert : le suédois Smoltek réduit drastiquement les besoins en iridium de ses électrodes pour électrolyseurs

Le 8 avril dernier, le producteur suédois d’électrolyseurs pour l’hydrogène vert Smoltek a présenté sa nouvelle technologie d’électrode, à base de nanofibres de carbone, réduisant de 20 fois les besoins en iridium, l'un des métaux les plus rares et chers, pour les électrolyseurs à membranes échangeuses de protons.

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Les couches de nanofibres de carbone (CNF) conçues par Smoltek sont ajoutées à l'anode de l'électrolyseur.

Dans un communiqué partagé le 8 avril 2025, l’entreprise suédoise spécialiste de semi-conducteurs et concepteur d’électrolyseurs pour la production d’hydrogène vert Smoltek a détaillé le design de ses électrodes pour électrolyseurs. L’avantage majeur de leur technologie : l’utilisation de nanofibres de carbone permettrait d’augmenter de 30 fois la surface disponible de l’anode de l’électrolyseur, tout en réduisant de 95 % l’utilisation du très rare et très cher iridium, catalyseur aujourd’hui indispensable au fonctionnement des électrolyseurs.

Des nanofibres de carbone pour augmenter 30 fois la surface disponible de l’électrode

Alors que la production mondiale d’iridium ne dépasse pas 10 tonnes par an, il est estimé qu’une tonne de ce métal, coûtant aujourd’hui plus de 100 millions d’euros et par ailleurs fortement demandé par les secteurs de l'électronique et de la chimie, est nécessaire à 1 GW de production d’hydrogène vert.

Baptisée PTE (pour Porous transport electrode), l’électrode pour électrolyseur de Smoltek consiste en un dépôt de nanofibres de carbone sur un substrat de titane poreux, augmentant de 30 fois la surface disponible de l’électrode comparé à celles aujourd’hui commercialisées. Ainsi, moins de catalyseur à base d’iridium est nécessaire pour assurer l’électrolyse de l’eau : Smoltek n’utiliserait que 0,1 mg/cm² d’iridium, contre environ 2 mg/cm² généralement.

Prochaine étape pour l’entreprise suédoise : des tests d’électrolyse longue durée de plus de 600 heures, et notamment à de hautes densités de courant, dans le but d’observer les éventuelles dégradations et autres limitations potentielles.

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