La sécurisation des réseaux de fibre optique pourrait nécessiter plus de 10 milliards d'euros d'investissement

InfraNum, la fédération des professionnels de la fibre optique, évalue l'investissement à réaliser pour assurer la résilience des réseaux à 10 milliards d'euros. 

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fibre optique haut débit
Pour assurer la résilience du réseau de fibre optique, les professionnels veulent 10 milliards d'investissement.

A force de parler de métavers et de monde virtuel, on finirait presque par oublier que son existence repose sur une infrastructure physique essentielle. Sans antennes relais, installations ou câbles, pas d'échanges de messages ou de consultations des applications préférés. Ce désagrément pour certains particuliers peut être critique pour une entreprise, sans parler de l'impact pour un hôpital, une centrale nucléaire ou un lieu consacré à la défense nationale.

InfraNum, la fédération réunissant les professionnels de la fibre optique, a chiffré l'investissement à consentir pour sécuriser davantage les réseaux en question. Ces résultats ont été présentés dans un rapport au titre en forme de programme : « Infrastructures numériques : essentielles c'est une évidence, résilientes c'est une exigence » et qui a été rendu public mercredi 22 juin lors d'une réunion à la Banque des Territoires à Paris, partenaire de ce travail.

10 milliards d'euros d'investissement

Cinq catégories de risque sont identifiées par les auteurs du rapport : les actes de malveillance et les accidents, la fragilité des infrastructures aériennes, la non-conformité et les malfaçons, les interventions sur des réseaux en exploitation et, enfin, la capacité à faire face aux crises. 

Rien que pour la partie concernant les infrastructures aériennes, le coût est évalué à 10 milliards d'euros d'ici à la fin de la décennie 2020. C'est le prix à payer pour enfouir la moitié du réseau actuellement aérien, selon les calculs de l'Observatoire du très haut débit en 2022, une publication d'InfraNum. Le réseau de fibre optique n'est pas complètement enterré. Près de la moitié du réseau (500 000 kilomètres de linéaire) est posé sur des poteaux, comme les vieilles lignes téléphoniques ou l'électricité. Cela le rend particulièrement vulnérable aux intempéries (tempêtes, incendies liés à la chaleur). 

De nombreux défis financiers et organisationnels

Pour aider à faire passer la pilule, les responsables de la filière assurent que cela créerait 7 000 emplois. A l'enfouissement de la fibre optique, il faut ajouter les dépenses liées à la sécurisation d'équipements critiques, ou encore la constitution d'un stock de pièces détachées pour faire face en cas de problème. 

A ces demandes pécuniaires, pour lesquelles il faudra trouver un financement, s'ajoutent des recommandations organisationnelles. Les auteurs du rapport estiment ainsi qu'il faudrait qu'un Grenelle de la résilience ait lieu pour « établir une feuille de route nationale ». Les réseaux de fibre optique sont installés, maintenus et gérés par de multiples intervenants, si bien qu'on peut craindre qu'en cas de problème majeur, les responsabilités ne soient pas évidentes. Par ailleurs, le rapport d'InfraNum souhaite que soit mise en place une veille de « l'exploitabilité et de la durabilité des réseaux » et appelle à des actions fortes pour « veiller à la pérennité des infrastructures ». 

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