Après des mois d’attente, l’affaire est enfin conclue. L’acquisition d’Aubert & Duval par Airbus, Safran et Tikehau Capital a été finalisée fin avril. Une opération stratégique pour l’industrie française : cette division du groupe minier Eramet est un fournisseur de pièces critiques pour l’aéronautique et la défense, mais aussi le nucléaire et le médical.
L’entreprise fournit aussi bien des pièces pour les sous-marins de Naval Group, que les centrales nucléaires de Framatome et les moteurs des Rafale de Dassault Aviation. Un rachat d’autant plus attendu qu’il intervient dans un contexte de tensions dans les chaînes d’approvisionnement et d’enjeux croissants liés à la souveraineté européenne. Les premières discussions pour la reprise d’Aubert entre le trio de repreneurs et Eramet avaient été entamées fin 2020, mais il a fallu attendre début 2022 pour que les parties prenantes tombent d’accord sur les conditions du rachat.
Alors que l’opération aurait dû être bouclée fin 2022, elle intervient donc avec quatre mois de retard supplémentaire. En cause ? Les repreneurs ont dû attendre le feu vert des autorités chinoises de la concurrence. Le sésame obtenu, le chantier à venir est immense. Car Aubert & Duval, qui génère un chiffre d’affaires de 550 millions d’euros et emploie 3700 personnes, se trouve quelque peu en déshérence. Durant plusieurs années, l’entreprise a souffert de sous-investissements avec des problèmes de qualité dans sa production notamment. D’où la nécessité d’un plan de modernisation de 300 millions d’euros durant cinq ans, pour assurer son redressement industriel, que comptent mettre en œuvre les repreneurs.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3719 - Juin 2023



