La Chine se confronte à une hémorragie de sa production de smartphones. Selon le cabinet Counterpoint, elle représentait 75% de la production mondiale en 2016. Sa part est tombée à 68% en 2019. Une chute que le cabinet explique principalement par deux facteurs : l’augmentation des coûts de main-d’œuvre et la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis. Et l'épisode du Covid-19 risque d'accélérer le mouvement... au profit notamment du Vietnam et de l'Inde.
Samsung, un cas symptomatique
Counterpoint présente Samsung comme un cas symptomatique de cette redistribution des cartes. Après avoir dominé les smartphones en Chine avec un pic de part de marché de près de 20% en 2013, le géant coréen de l’électronique s’est fait petit à petit marginaliser par les constructeurs locaux Huawei, Xiaomi, Oppo et Viva jusqu’à tomber à moins de 1% du marché en 2019. Cela l’a contraint à fermer ses deux usines de smartphones en Chine et à déporter son effort de production au Vietnam et en Inde. Il n’a pas pour autant déserté le marché chinois. Il a choisi de le servir en s’appuyant sur le sous-traitant local WingTech.
Apple se trouve dans une situation plus compliquée. Le géant californien des mobiles n'a pas d'usines en propre. Il fait fabriquer ses iPhone par des sous-traitants comme les taïwanais Foxconn et Pegatron. Près de 90 % de sa production est localisée en Chine. Une dépendance qui se révèle difficile à gérer dans le contexte de guerre commerciale entre Washington et Pékin. Pour s’en sortir, il tente de diversifier ses lieux de production. Un mouvement qui a commencé en 2017 avec le lancement de la production de l’iPhone SE en Inde pour bénéficier des avantages de la politique « Make in India » chère au Premier ministre Narenda Modi. L’épisode du Covid-19, avec ses impacts négatifs sur la chaîne logistique, amène Apple à vouloir transférer 30 % de sa production en dehors de la Chine selon Counterpoint. Probablement au Vietnam, en Inde et dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est.
7 usines de Xiaomi en Inde
La diversification des lieux de production concerne également les grandes marques chinoises, avec pour destination privilégiée, l’Inde, devenue le nouveau terrain de bataille de Xiaomi, Oppo ou encore Vivo. Xiaomi, qui a détrôné Samsung en 2008 sur ce grand marché en plein développement, est en train de construire sa septième usine dans le pays. En 2019, il a produit en Inde 40 millions de smartphones, et le chiffre devrait monter à 60 millions en 2020 selon Counterpoint.
Politique similaire chez Oppo. Après avoir fait passer sa production locale de 15 millions de smartphones en 2018 à 50 millions en 2019, il prévoit de la porter à 100 millions en 2020. Vivo n’est pas en reste avec le projet de doubler ses capacités de production de smartphones en Inde à 50 millions en 2020, ce qui représenterait plus de la moitié du total de sa production.



