"La priorité, c'est que nos usines soient mieux utilisées en France", affirme le président de Renault

Le président du groupe Renault commente la crise du Covid-19. Interviewé par RTL, Jean-Dominique Senard a répondu le 10 avril à plusieurs questions importantes. Comme sur l'hypothèse d'une nationalisation de l'entreprise ou encore sur d'éventuelles relocalisations d'usines.

Jean-Dominique Senard, président du groupe Renault, s'est exprimé vendredi 10 avril sur l'impact économique du Covid-19. Déjà en difficulté avant la pandémie, le constructeur automobile a été contraint d'arrêter ses usines françaises depuis le 16 mars. Malgré cette crise, le patron de l'entreprise continue d'écarter une nationalisation temporaire par l'État français, déjà principal actionnaire à 15 % de Renault.

Renault privilégie la piste de prêts bancaires

"Aujourd'hui, nous ne sommes pas dans cette perspective", a affirmé Jean-Dominique Senard, interrogé par RTL alors que l'État n'avait pas exclu l'hypothèse d'une nationalisation temporaire. À la place, "nous travaillons sur des idées de prêts bancaires qui seraient, eux, garantis par l'État et qui, un jour ou l'autre, sont destinés à être remboursés", a indiqué le dirigeant. "C'est ça l'hypothèse sur laquelle nous travaillons aujourd'hui [...] et je suis absolument certain que ça devra permettre de passer la mauvaise période que nous vivons aujourd'hui", a-t-il poursuivi.

À l'évocation d'un montant de prêts de l'ordre de 4 à 5 milliards d'euros, le président de Renault a répondu : "Ça pourrait être de cet ordre-là." Il a néanmoins souligné que l'alliance avec Nissan et Mitsubishi était "le principal support [du] rebond" de Renault.

Jean-Dominique Senard répond à la question des relocalisations

Le dirigeant a également répondu à une question sur d'éventuelles relocalisations d'activités en France. "Tout ce qui pourra être fait, tant au niveau des constructeurs automobiles que de la filière, pour permettre une plus grande sécurité dans l'avenir, c'est-à-dire un rééquilibrage des zones géographiques d'approvisionnement, devra être fait. Je pense que c'est un mouvement qui n'échappera à personne et sur lequel nous allons forcément travailler", a affirmé Jean-Dominique Senard.

"Nos usines aujourd'hui, pour la plupart [et] pour ne pas dire toutes en France, sont sous-utilisées. La première des priorités, c'est que nos usine soient mieux utilisées en France", a-t-il argumenté (voir enregistrement ci-dessous).

Le président décrit "des circonstances complexes"

La veille de cette interview, comme d'autres entreprises françaises, Renault a décidé de supprimer son dividende au titre de l'exercice financier 2019. Le président de l'entreprise a également accepté de diminuer son salaire de 25 % au premier trimestre, selon une source de Reuters proche du constructeur automobile. Un geste qu'il pourrait reconduire au deuxième trimestre si la crise se prolonge.

Le dirigeant a toutefois décrit "dans l'avenir des circonstances complexes que nous devons aborder avec courage et force." En février, le groupe n'avait pas exclu d'éventuelles fermetures d'usines en France. "Toute industrie voit une évolution dans ses organisations, a concédé Jean-Dominique Senard. [...]  J'ai toujours indiqué comme patron d'industrie, c'était le cas chez Michelin, qu'il n'y aurait en tous les cas aucune souffrance sociale."

Simon Chodorge, avec Reuters (Henri-Pierre André, Gwénaëlle Barzic et Bertrand Boucey, édité par Marc Angrand)

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