Les projets européens d’avion de combat du futur peuvent-ils converger ? Paris est ouvert au rapprochement entre le programme SCAF mené par la France, l’Allemagne et l’Espagne avec le projet concurrent Tempest associant le Royaume-Uni, l’Italie et la Suède.
"Nous sommes l’un et l’autre en phase de conception. Je pense dans les années qui viennent que les choses pourront évoluer (…) De notre côté, la porte est ouverte. C’est-à-dire que si nous pouvons un jour rapprocher les deux projets d’avions de combat qui existent à l’échelle européenne, ce serait quand même une bonne chose pour tous", a indiqué Joël Barre, le patron de la DGA (Direction générale pour l’armement) qui s’exprimait le 3 mai sur le plateau de BFM Business.
Les systèmes d'armes, toujours plus chers et plus difficiles à développer
Le délégué général à l’armement a justifié cet intérêt pour un rapprochement pour au moins deux raisons. D’une part, afin de partager les coûts croissants des nouvelles technologies militaires. "Les systèmes de combat, les systèmes d’armes sont de plus en plus complexes, de plus en plus chers, de plus en plus lourds et difficiles à développer", a souligné Joël Barre. Et d’autre, afin de favoriser la construction de l’Europe de la Défense. "L’Europe de l’armement, c’est évidemment une déclinaison de l’Europe de la Défense. La sécurité de notre pays, la défense de la France, repose quand même sur cette stratégie de coopération que le président Macron et le gouvernement nous ont demandé d’impulser dès 2017", a-t-il encore ajouté.

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Par ailleurs, même si les Français et Anglais sont leaders de deux programmes concurrents à travers le SCAF et Tempest, ils ont tout de même, depuis un certain nombre d’années, une coopération technologique pour préparer les technologies du futur de l’aviation de combat.
Aujourd’hui, les deux programmes concurrents coexistent bel et bien, les Européens ayant du mal à converger vers un appareil de combat unique. Cette situation s’était déjà produite dans les années 80. A l’époque, trois projets d’avion de combat avaient vu le jour: le Rafale français, l’Eurofighter voulu par l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie, ainsi que le Gripen suédois. Une division qui les a fragilisés face à la concurrence américaine. Les trois appareils européens ne se sont écoulés qu’à 1 500 exemplaires… contre 4 500 pour le F-16 de l’américain Lockheed Martin et déjà 3 000 pour son F-35 de nouvelle génération… vendus notamment à huit pays européens !
Après les industriels, aux Etats de se mettre d'accord
Avant d’envisager un rapprochement avec Tempest, les protagonistes du SCAF (système de combat d’avion du futur) doivent encore accorder leurs violons pour faire avancer leur programme. Les discussions entre Paris, Berlin et Madrid pour parvenir à un accord, jouent les prolongations. L’accord étatique aurait dû être conclu fin avril. "J’ai bon espoir que dans les jours qui viennent, nous arrivions à conclure cet accord (…)", a précisé le patron de la DGA. Il espère un aboutissement d’ici à la fin de la semaine.
En amont, malgré les difficultés à partager la charge de travail, les industriels ont su dépasser leurs divergences. Côté moteur, Safran (France), MTU Aero Engines (Allemagne) et ITP Aero (Espagne) se partageront le développement à parts égales. Côté appareil, Dassault Aviation et Airbus Defence & Space ont soumis leur offre commune aux Etats début avril.
Le programme SCAF vise à remplacer les Rafale et les Eurofighter à horizon 2040 en développant également des technologies de cloud de combat, des drones ainsi des systèmes de communications sécurisées. Un tel programme, chiffré en dizaines de milliards d'euros, mobiliserait des dizaines de milliers d'emplois dans les trois pays.



