Selon le décret n° 2022-947 du 29 juin 2022 « relatif à l'utilisation de certaines dénominations employées pour désigner des denrées comportant des protéines végétales », « il ne sera pas possible d’utiliser la terminologie propre aux secteurs traditionnellement associés à la viande et au poisson pour désigner des produits n’appartenant pas au règne animal ». Autrement dit, sont interdits, dès octobre 2022, les « steaks », « lardons » et autres « saucisses » à base de protéines végétales. Fini donc le « steak de soja » dans les rayons français… Sauf si la teneur en protéines végétales ne dépasse pas les 7 %.
Ce pourcentage tombe à 3 % pour la saucisse de Francfort, 1 % pour le boudin noir ou le saucisson sec et à 0,5 % pour le bacon ou les lardons. La période de transition s’étend jusqu’en décembre 2023 pour les « denrées fabriquées ou étiquetées » avant octobre. Attendu « depuis plusieurs années », le texte constitue « une étape essentielle en faveur de la transparence de l’information au consommateur ainsi que de la préservation de nos produits et savoir-faire », apprécie Jean-François Guihard, président de l’association interprofessionnelle du bétail et des viandes (Interbev).
Bruxelles
Le décret précise toutefois que les produits « légalement fabriqués ou commercialisés dans un autre État membre de l’Union européenne ou en Turquie, ou légalement fabriqués dans un autre État partie à l’accord sur l’Espace économique européen, ne sont pas soumis aux exigences du présent décret ». C’est pourquoi la filière porcine (Inaporc), tout comme la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), les professionnels de la volaille (APVF) et autres producteurs de viandes animales, saluent le texte mais, considérant qu’il s’agit d’une « première étape de protection des dénominations traditionnelles de recettes à base de viande », demandent au gouvernement de « porter le dossier à Bruxelles afin d’élargir le périmètre d’application à tous les produits, quelle que soit leur origine ». L’Observatoire national de l’alimentation végétale (Onav) regrette, pour sa part, que la France se place « dans une position conservatrice, à contre-courant des enjeux actuels et de la politique européenne sur ces questions ». Au sein de l’Union européenne, les alternatives végétales peuvent prendre les appellations des produits carnés. En revanche, il n’est pas possible d’utiliser le mot « yaourt » ou « fromage » pour une alternative à base de soja au lait animal.



