Le Sénat appelle à faire le grand ménage sur les emballages

Un rapport pointe la profusion et le manque de transparence des trop nombreux messages adressés aux consommateurs.

Synthèse Rapport Sénat Information du consommateur
Synthèse Rapport Sénat Information du consommateur

Consignes de tri, environnement, analyse de cycle de vie (ACV), carbone, énergie, bien-être animal, économie sociale et solidaire (ESS), nutrition, allergènes, indications d'origine, composition, « sans » et « avec », naturel, médailles, labels, drapeaux, « scores », notations et autres allégations ! « Être consommateur est devenu un métier » dans « une jungle » où « seuls les plus aguerris et motivés » survivent alors que le choix d'un produit s'effectue en « 70 secondes ». La « tromperie » rôde alors au détour d'une gondole... « La profusion semble mener à la confusion », une variation sur l'adage « trop d’informations tuent l’information » : telle est donc la principale conclusion d’un rapport du Sénat, en date du 29 juin, qui appelle à mieux encadrer et à simplifier drastiquement les messages adressés aux consommateurs sur les emballages et les étiquettes. Le rapport s’inscrit dans le champ du règlement européen relatif à l’information du consommateur dit Inco et s’invite dans les débats liés à l’adoption d’un système d’information nutritionnelle (SIN) harmonisé en face avant, soit Front of Pack (FoP). Le Nutri-Score à la française peut-il s’imposer ? Telle est la question… 

QR CODE

Ayant dénombré des centaines de revendications plus ou moins compréhensibles, la commission économique de la Chambre haute estime que, si « les consommateurs n'ont jamais disposé d'autant d'informations sur les produits qu'ils achètent », beaucoup restent « défiants ou perplexes ». Pour « rendre plus lisible l'information, s'assurer de sa fiabilité, et donner aux consommateurs les clés pour se l'approprier et la traiter en connaissance de cause », Florence Blatrix-Contat (PS), Françoise Férat (centriste) et Fabien Gay (CRCE) sous la présidence de Sophie Primas (Les Républicains) ont rassemblé quatorze recommandations dans ce rapport intitulé Information du consommateur : privilégier la qualité à la profusion. Les quatre élus préconisent, par exemple, que soient rendus publics les cahiers des charges des revendications et que soient harmonisés, au niveau européen, les noms des ingrédients. La simplification passe aussi par la « dématérialisation » grâce aux QR codes. D’ici à quelques années, ces codes à deux dimensions « remplaceront certainement les codes-barres, permettant ainsi de mieux assurer la traçabilité des produits». Le Sénat est fidèle à son analyse de l'affaire Lactalis... en 2018. il faut dire que Laurent Tonnelier fait partie des experts auditionnés. Le président de Mobilead explique notamment le potentiel du GS1 Digital Link.

DGCCRF

Quant aux applications comme Yuka, elles pourraient faire l’objet d’une certification transparente assortie d’un guide public de bonnes pratiques. Est également pointé le manque de moyens de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Selon les auteurs, seuls 145 inspecteurs sont chargés de contrôler la conformité des informations délivrées sur les étiquettes pour toute la France. Les contrôles sont ainsi passés de 105 000 à 73 000 entre 2012 et 2021 : « cette situation incompréhensible n’est pas tenable et ne peut que conduire à une moindre protection du consommateur, alors que cette dernière n’a jamais été autant d’actualité ». Toute allusion à des scandales sanitaires récents n'est pas fortuite...

La synthèse du rapport

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