La démonstration de force des constructeurs auto allemands dans l’électrique

Dans le cadre de la présentation de leurs résultats annuels, BMW et le groupe Volkswagen ont fait état de leurs très grandes ambitions dans la mobilité électrique.

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BMW va lancer sa nouvelle i4 électrique plus tôt que prévu
BMW a annoncé qu'il allait lancer sa nouvelle i4 électrique plus tôt que prévu.

Le spectre du scandale des moteurs diesel truqués s’éloignant, c’est un groupe Volkswagen à nouveau conquérant qui a fait état de ses ambitions dans la mobilité électrique. Dans un communiqué sur ses résultats annuels publié le 16 mars, le constructeur de Wolfsburg a ainsi annoncé vouloir devenir rien de moins que le "leader mondial du marché de la mobilité électrique, au plus tard en 2025".

Pour y parvenir, Volkswagen va investir 46 milliards d’euros dans l’électrification et l’hybridation de ses flottes dans les cinq prochaines années. Malgré des ventes globales en baisse, son dirigeant, Herbert Diess, s’est félicité de constater que le groupe était parvenu à livrer 230 000 véhicules 100% électriques dans le monde en 2020, "trois fois plus que l’année précédente".

En incluant les hybrides, Volkswagen a livré 422 000 véhicules électrifiés l’année dernière. Une croissance qui va se poursuivre. Le constructeur veut livrer un million de véhicules électrifiés cette année. "En 2030, nous prévoyons que les véhicules 100% électriques représenteront la moitié de nos livraisons dans le monde", a ajouté Herbert Diess.

BMW n’est pas en reste

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Un mouvement que Volkswagen va accompagner avec la création de six usines de cellules de batteries rien qu’en Europe. L’entreprise travaille aussi sur sa prochaine plateforme technique dédiée uniquement à l’électrique. Baptisée SSP, pour "Scalable Systems Platform", elle doit permettre de produire "les modèles de toutes les marques et tous les segments" du groupe autour de 2025.

Des ambitions colossales dans l’électrique qui animent aussi son concurrent bavarois, le groupe BMW. Mercredi 17 mars, le constructeur premium a revu ses objectifs à la hausse lors de la présentation de ses propres résultats. D’ici à fin 2025, son patron Oliver Zipse veut parvenir à "délivrer environ 2 millions de véhicules purement électriques à [ses] clients".

BMW, un des pionniers de l’électrique avec la i3, a indiqué notamment qu’il allait lancer sa nouvelle i4 "avec trois mois d'avance". A l’image de Volvo, le groupe a annoncé que sa marque britannique Mini deviendrait 100% électrique à partir de 2030. Des décisions qui témoignent d’un certain recentrage sur le pur électrique de la part de BMW, par rapport aux hybrides.

Bons résultats malgré la crise

A la différence de Volkswagen, BMW n’envisage pas de produire lui-même ses propres batteries, mais va transformer son outil industriel. Les productions de moteurs thermiques seront ainsi transférées de son usine de Munich vers l’Autriche et le Royaume-Uni, pour permettre au site allemand de se concentrer sur l’électrique. Une réorganisation au prix d’un investissement de 400 millions d’euros.

Des efforts financiers qui seront soutenus grâce au rebond de l’activité attendu cette année par Volkswagen et BMW. En 2020, les deux groupes automobiles se sont bien maintenus malgré la crise de la Covid-19. Le constructeur de Wolfsburg a été sauvé par les bons résultats de sa marque Porsche ainsi que par le marché chinois, son deuxième plus gros débouché après l’Europe.

Sur l’année, Volkswagen a affiché un chiffre d’affaires en baisse de 12% à 223 milliards d’euros, pour des ventes en chute de plus de 16% à moins de 10 millions d’unités. BMW a fait mieux, avec un chiffre d’affaires en baisse de seulement 5% en 2020 à 99 milliards d’euros, et une marge EBIT de 5,3%, légèrement inférieure qu’en 2019 (6,8%). De quoi faire pâlir de nombreux concurrents.

Impact sur l’emploi

Malgré la bonne tenue de leurs résultats en 2020 et la reprise attendue cette année, Volkswagen et BMW se sont lancés dans de vastes programmes de réduction de coûts. Volkswagen veut ainsi réduire ses coûts fixes de 5% d’ici à 2023. Des suppressions d’emplois sont prévues par le biais de départs non-remplacés. Jusqu’à 5 000 postes pourraient être concernés.

Herbert Diess s’est toutefois voulu rassurant quant à l’impact de l’électrique sur l’emploi. "L’impact sur l’emploi est souvent exagéré. Les activités liées aux motorisations sont déjà très automatisées et les autres domaines, comme l’intérieur ou l’électronique, ne changeront pas", a-t-il tenté de justifier. Reste à voir si cela suffira à calmer les inquiétudes en Allemagne, comme en France.

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