Le premier décollage (enfin) réussi de la mission Artémis relance la conquête de la Lune

Depuis le Kennedy Space Center, en Floride, la fusée géante SLS de la Nasa a enfin décollé pour la Lune. Ce périple spatial de plus de deux millions de kilomètres, censé durer 25 jours, est destiné à tester les capacités du lanceur et de la capsule qui transportera des cosmonautes lors des prochaines missions. Cinquante ans après la dernière mission lunaire Apollo, la conquête de la Lune est relancée.

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Space Launch System (SLS) Nasa
A partir du Kennedy Space Center, en Floride, la fusée SLS de la NASA a décollé vers la Lune le 16 novembre à 1H48 du matin, heure locale.

3, 2, 1… Liftoff. Dans la nuit du 16 novembre, à 1H48 du matin heure locale (7h48 heure de Paris), la fusée géante de la Nasa s'est élevée dans le ciel, crachant dans son sillage un impressionnant torrent de flammes. Le vaisseau SLS (Space Launch System), qui n'embarquait pas d'équipage à bord, a décollé depuis le pas de tir 39B au centre spatial Kennedy, en Floride, direction la Lune. Selon les images diffusées par l’agence spatiale américaine, cette étape critique s’est déroulée comme prévue. Grâce à l’allumage de ses deux boosters latéraux de 54 m de haut, la puissante fusée doit atteindre une vitesse de plus de 36 000 km/h, ce qui permettra ensuite à la capsule Orion d’atteindre son objectif lunaire.

Ce décollage réussi a probablement suscité des « ouf » de soulagement au sein des équipes de la Nasa. Initialement prévu en aout dernier, le tir a été reporté à plusieurs reprises en raison de problèmes techniques et de problèmes météo. Des fuites d’hydrogène dans les réservoirs du lanceur, puis les cyclones qui se sont abattus sur la Floride avaient contraint l'agence à abandonner plusieurs tentatives.

Un tir à haut risque

Malgré l’expérience des américains en matière de lancement de fusées, ce tir restait à haut risque.  En effet, avec ses 98 m de haut et sa masse totale de 2 600 tonnes, le SLS est le plus puissant des lanceurs jamais construits par la Nasa en termes de capacité d’emport et de volume. Selon l’agence américaine, il s’agirait de la seule fusée capable d’emporter le vaisseau Orion avec son équipage de quatre astronautes et son cargo vers la Lune en une seule mission. Les équipes de la Nasa ont toujours indiqué qu’elles ne voulaient prendre aucun risque et procéderaient au lancement uniquement si toutes les conditions de sécurité étaient réunies.

Concrètement, la fusée va se diriger vers la Lune et réaliser un périple spatial de plus de deux millions de kilomètres. Le vaisseau dépassera même le satellite naturel de plusieurs dizaines de milliers de km. La mission est prévue pour durer 25 jours. Ce premier vol sera avant tout l’occasion pour les équipes de la Nasa de tester le fonctionnement du module Orion qui abritera les futurs équipages, aussi bien son exploitation dans un environnement lointain que son son bouclier thermique au moment de son retour sur Terre, à plus de 40 000 km/h.

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Un retour durable sur la Lune

Ce lancement marque ainsi le véritable démarrage du programme Artémis. Cinquante ans après la dernière mission lunaire Apollo, il doit permettre aux Etats-Unis de renvoyer des hommes sur la surface de la Lune de manière durable. La Nasa prévoit de faire atterrir un cosmonaute et une cosmonaute à la surface de notre satellite en 2025. «Le programme Artémis sert de banc de test grandeur nature. Il s’inscrit dans la perspective d’amener un jour des femmes et des hommes sur la surface de Mars. Il faudra apprendre à construire une base permanente sur un nouvel astre et la faire fonctionner de façon pérenne », indiquait à l’Usine Nouvelle, Lionel Suchet, directeur général délégué du Cnes en septembre dernier.

La contribution européenne

L’Europe contribue techniquement à ce premier vol de la mission Artémis. Pour la première fois, la Nasa a attribué à un acteur non américain, Airbus, la fourniture d’un équipement critique. Le module ESM (European Service Module) développé et assemblé par l’industriel européen sur son site de Brême (Allemagne), fournira aux astronautes à bord de la capsule Orion de survivre de l’eau, de l’oxygène et de l’électricité mais permettra aussi d’assurer le contrôle thermique et la trajectoire du vaisseau. Ce module consiste en un cylindre de quatre mètres de diamètre et de hauteur, pour un poids de plus de 13 tonnes (dont 8,6 tonnes de carburant). Bardé de 12 kilomètres de câbles, constitué de plus de 20 000 composants, armé de quatre ailes de panneaux solaires et muni de 33 moteurs, il concentre une bonne part du savoir-faire européen en matière de spatial.

Malgré les différents reports du premier vol, le calendrier des prochaines missions du programme de retour sur la Lune est maintenu. La mission Artémis II doit décoller vers notre satellite avec un équipage à son bord en 2024, et Artémis III y alunir en 2025.

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