Quels sont les axes stratégiques d’innovation dans les composites ?
J’en citerai trois, qui sont au cœur de la feuille de route stratégique de ComposiTIC. Premièrement, le recyclage. C’est un axe fort d’innovation avec deux visées. Sur le plan environnemental, d’abord, pour la préservation des ressources et la réduction des déchets. Par ailleurs, l’actualité politique et sociale de ces dernières années a mis en lumière des enjeux de souveraineté nationale. Pour disposer de nos propres ressources, nous devons exploiter nos gisements de matériaux à recycler. Je pense notamment aux engins de pêche composés de matériaux haute gamme comme les polyamides.
Le deuxième axe est intimement lié au premier puisqu’il s’agit de la transition des composites thermodurcissables (TD) qui ne sont pas recyclables vers les composites thermoplastiques (TP). Enfin, je pense que beaucoup de verrous au niveau de la conception et de la fabrication des composites peuvent être levés grâce à l’aide du numérique. Nous devons essayer d’offrir une ébauche de jumeau numérique sur tous nos procédés.
Certains secteurs sont-ils plus en avance que d’autres sur ces sujets ?
De par ses exigences, l’aéronautique est en avance dans beaucoup de domaines, notamment la transition des matrices TD vers les matrices TP et l’automatisation des procédés composites. Mais cela fait partie de notre rôle d’accompagner les autres secteurs (automobile, nautisme) pour qu’ils s’approprient les technologies de l’aéronautique.
Quelle vision avez-vous de l’avenir des composites ?
Je pense que les futurs développements se feront de plus en plus en parallèle de l’évolution de fonctionnalités embarquées, en combinant matériaux composites et électroniques. Cette vision synergique entre le matériau de structure et l’intelligence embarquée offrira des possibilités infinies, à condition d’adopter une approche interdisciplinaire mêlant ingénierie matériaux et électronique.



