Pour la première fois en France, tous les vices sont enfin rassemblés dans une bouteille. Ou presque. Une boisson associant vin et CBD, cette substance issue du cannabis, est disponible à la consommation. Avec la récente légalisation de cette molécule non-stupéfiante, il était inévitable que l’une des boissons les plus emblématiques de France ne connaisse pas une déclinaison au chanvre. La bouteille est simple et porte le nom de Burdi W.
Vendu en crowdfunding sur internet
Ce vin inédit se vend uniquement sur internet. Pour ses débuts, l’équipe de Burdi W. a réalisé une campagne de crowdfunding. A 34 euros, la bouteille fait le pari audacieux de se placer dans le même ordre de prix qu’un Châteauneuf-du-Pape. « Infusée dans des jarres, cette plante (le cannabis, ndlr) aux vertus apaisantes issue de l’agriculture biologique en Gironde ajoute une vraie complexité aromatique, un mélange de terpènes surprenant, » lit-on dans les brochures web de Burdi W. Le 11 février, leur compte Facebook annonçait que 10 000 bouteilles avaient déjà été produites.
La levée de fonds en crowdfunding servira à financer pour 1 500 € leur plateforme e-commerce, pour 8 000 € l’acquisition d’une machine de mise en bouteille et pour 5 000 € « l’élaboration d’un nouveau breuvage audacieux »… La dernière campagne s’est ouverte le 21 février et sera close le 3 mars.
Burdi W. Crédit illustration : Burdi W.
L’idée est venue de Raphaël de Pablo, 28 ans, gérant de La Ferme Médicale. Cet établissement, basé à Bruges près de Bordeaux (Gironde) est une structure spécialisée dans la production d’huile de cannabinoïdes.
Le tsunami du CBD en France
Le 19 novembre 2020, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé illégale l’interdiction du CBD en France au nom de la libre circulation des marchandises. Depuis, les commerces dédiés à la molécule de cette plante fleurissent dans l’Gexagone.
Contrairement au THC, le CBD ne provoque pas d’effets psychotrope pour le consommateur mais doit cependant remplir deux conditions pour être traité en toute légalité : les molécules doivent être issues de variétés de plantes ayant une très faible teneur en THC, c’est-à-dire inférieur à 0,2%. Enfin, les cannabidiols extraits doivent provenir de parties très précises de la plante, c'est-à-dire les graines et les fibres. Avec ces clés en mains, vous voilà parés pour votre prochaine reconversion professionnelle. Attention : avec ou sans composants controversés, le vin est à consommer avec modération.




