Elles traînent dans nos poches, se retrouvent sur les trottoirs ou sont soigneusement rangées dans une vieille tirelire cochon, mais qui pourrait penser que nos petites pièces jaunes ou rouges peuvent également nous servir de tenue de soirée ? La YouTubeuse américaine Shay Rose, plus connue sous le nom de Crescent Shay, semble être la première à avoir décelé leur potentiel caché. Fin janvier, l'artiste a posté sur son compte une vidéo retraçant le processus de création d'une robe de cocktail particulièrement scintillante, confectionnée uniquement à partir de menue monnaie.
Plus de 150 heures de travail lui ont été nécessaires pour nettoyer, percer et coudre entre elles chacune des 2 652 pièces de 1 centime de dollar dont elle a eu besoin pour ce projet, qui comprend également une paire de boucles d'oreilles assorties. Le résultat évoque à la fois la mode révolutionnaire des Années folles et l'imaginaire de la Grèce antique. Une bonne condition physique sera néanmoins nécessaire pour danser avec cette tenue jusqu'au bout de la nuit car, ces pièces étant faites de zinc, la robe pèse plus de six kilos.
Disparition des petites pièces ?
Ce n'est pas la première fois que Shay Rose fabrique seule des vêtements dignes d'être exposés dans des musées. L'américaine de 22 ans, suivie par des centaines de milliers de personnes, s'est d'abord fait connaître en reproduisant des robes de princesse issues de dessins animés, mais explore aujourd'hui d'autres univers. En novembre 2020, en plein pic de l'épidémie de Covid-19 aux Etats-Unis, elle avait révélé une énorme robe de tulle rose, à même de lui garantir une distanciation sociale de plus de trois mètres. Plus récemment, elle a notamment réalisé une robe fond-vert qui lui permet de se vêtir d'effets spéciaux, ou encore une robe lumineuse, remplie de fibres optiques.
Les Français qui voudront concevoir leur propre robe en petite monnaie devront peut-être commencer leur collecte de mitraille dès aujourd'hui, car la Commission européenne réfléchit actuellement à la possibilité de supprimer les pièces de 1 et de 2 centimes d'euros, dont la fabrication coûte chaque année plusieurs millions d'euros aux contribuables. Un débat qui inquiète fortement les 450 salariés de l'usine de la Monnaie de Paris, située à Pessac (Gironde), où la production a déjà chuté de 50% en dix ans...




