L’intelligence artificielle n’a pas fini de nous surprendre. Au mois de décembre 2022, à la base aérienne Edwards, en Californie, l'une d'entre elles a fait voler pendant 17 heures un F-16D Block 30 Peace Marble Il de l’US Air Force. Modifié et renommé Vista X-62A, l'appareil abritait deux pilotes, mais ces derniers n'ont pas levé le petit doigt durant toute la durée du vol. Dans un communiqué publié le 13 février, le spécialiste de la défense Lockheed Martin affirme que jamais encore une IA n'était intervenue dans le pilotage d’un avion de combat.
Avec Calspan Corporation, l'entreprise a développé cet aéronef d’entraînement capable de reproduire les caractéristiques et performances d’autres avions et l’a doté d’un système de simulation Vista, d’un algorithme de suivi de modèle et d’un système de contrôle autonome. Ce dernier comporte également des capteurs avancés, une solution de sécurité multi-niveaux et un ensemble de tablettes Getac dans les deux cockpits.
Un pilotage plus fiable et plus efficace
«Vista nous permettra de mener en parallèle le développement et les essais de techniques d'intelligence artificielle de pointe, et la conception de nouveaux véhicules sans équipage […] Cette approche, associée à des tests ciblés sur les nouveaux systèmes véhicules au fur et à mesure de leur production, fera rapidement mûrir l’autonomie des plateformes sans équipage et fournira des capacités tactiquement pertinentes à notre combattant», s’est enthousiasmé Christopher Cotting, directeur de la recherche de l'école de pilotes d'essai de l'armée de l'air américaine.
Si les intelligences artificielles sont encore loin de pousser les pilotes d’avion à la retraite, les constructeurs étudient de très près les avantages de ces technologies. Capable de traiter de grandes quantités de données et insensible aux sensations physiques ou émotionnelles fortes, l’IA pourrait à l'avenir offrir un pilotage plus efficace et plus sûr. Lancées mi-2022, les premières campagnes d'essais menées par Airbus dans le cadre de son programme DragonFly cherchent justement à en définir les bénéfices... Comme les limites.




