Sky is the limit. Tel semble être l'adage des promoteurs, qui cherchent tous, semble-t-il, à construire des bâtiments au-dessus des nuages. Ce secteur on ne peut plus perché a connu fin novembre un événement majeur : l'édification du deuxième gratte-ciel le plus haut de la planète a été achevée. Le Merdeka 118 a en effet reçu sa flèche, ce qui lui permet désormais de culminer à 678,9 mètres. Une pointe plus de deux fois plus haute que celle de la Tour Eiffel ! Mais il faudra être patient avant de pouvoir déambuler dans ce gratte-ciel : il n'ouvrira ses portes qu'en 2022 dans le meilleur des cas.
Située à Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie, cette tour de 118 étages disposera d'une surface totale de 288 000 mètres carrés, dont plus de la moitié destinée à des bureaux. Elle comprendra également un centre commercial, une mosquée, un hôtel Park Hyatt et la plus haute terrasse d’observation de l'Asie du Sud-Est. Le gratte-ciel surplombe le stade Merdeka, où l'indépendance du pays a été déclarée en 1957 (contrairement à ce que pourrait instinctivement penser un locuteur francophone, « merdeka » signifie « indépendant » en malais). Le cabinet d'architecte australien Fender Katsalidis a d'ailleurs précisé que les facettes triangulaires s'inspiraient de motifs de l'artisanat local.
Un milliard d'euros
Le Merdeka 118 dépasse ainsi la Tour Shanghai (Chine), qui mesure 632 mètres, mais ne peut rivaliser avec le Burj Khalifa. Érigé à Dubaï (Emirats arabes unis), ce bâtiment inauguré en janvier 2010 atteint 828 mètres, pour 163 étages. D'ici à 2025, celui-ci pourrait néanmoins se faire rattraper par la tour de Djeddah (Arabie saoudite), qui prévoit de franchir le cap historique des 1 000 mètres de hauteur. En comparaison, la France fait figure de petit joueur : son plus grand gratte-ciel, la Tour First du quartier de la Défense (Hauts-de-Seine), ne fait « que » 231 mètres.
Ce n'est pas la première fois que Kuala Lumpur parvient à se hisser au rang de leader de la construction démesurée. De 1998 à 2004, les tours jumelles Petronas dominaient ce classement mondial, avant d'être détrônées par Taipei 101 (Taiwan). Avec leurs 451,9 mètres de haut, elles font même toujours partie du top 20. Cette quête d'altitude n'est cependant pas au goût de tous les Malaisiens : certains accusent le gouvernement d'avoir dépensé l'équivalent de plus d'un milliard d'euros pour bâtir Merdeka 118, alors que les conséquences du Covid-19 ont plongé de nombreux habitants dans la pauvreté.




