Que serait Paris, la Ville Lumière, sans sa Tour Eiffel et son emblématique éclairage nocturne ? La dame de fer est parée d'une robe dorée depuis 1985 et scintille au début de chaque heure depuis le passage à l'an 2000. Un dispositif qui émerveille les touristes en quête de romantisme mais qui est parfois décrié par les défenseurs farouches de l'environnement.
Un groupe électro-hydrogène
Afin de réduire l'empreinte carbone du monument, la mairie renouvelle régulièrement ses projecteurs et ses ampoules et a mis en place plusieurs projets innovants. En 2015 notamment, deux éoliennes d'une capacité de production de 10 000 kWh par an avaient été installées au deuxième étage. Dans la soirée du mardi 25 mai, un nouveau cap a été franchi : pendant un peu plus de trois minutes, 70 projecteurs de la Tour Eiffel ont été entièrement illuminés par un groupe électro-hydrogène. Le GEH2, doté d'une puissance de 110 kW, a été développé par la start-up EODev.
Cet équipement est par ailleurs made in France : il est fabriqué à Montlhéry (Essonne) dans une usine d'Eneria, filiale du groupe Monnoyeur. « Grâce à une pile à combustible fonctionnant à l'hydrogène, qui produit l'énergie nécessaire sans aucune émission de CO2 et de particules fines, sans odeur et pratiquement sans bruit, le GEH2 ne rejette en effet que de l'eau et de la chaleur », décrit EODev.
EODev Basée à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), la jeune pousse exploite les travaux de recherche effectués à bord d'Energy Observer, un catamaran à hydrogène qui a mené de nombreuses expéditions à travers le monde depuis sa mise à l'eau en avril 2017. Preuve de son succès, EODev a levé 20 millions d'euros en avril, en parvenant à convaincre de grands groupes tels que Toyota ou Accor.
EODev s'invite aux Jeux olympiques
Les équipes du bateau ont été invitées à partager leur expérience et leurs conseils à l'occasion d'un village d'exposition interactif. Installé sur le Champ-de-Mars du 20 au 30 mai, il a pour but de promouvoir la transition écologique, les énergies renouvelables et plus particulièrement l’énergie hydrogène, bien souvent décrite comme complémentaire aux batteries. En septembre, la France a affiché son ambition de devenir l'un des leaders du secteur, en dévoilant un plan de sept milliards d'euros.
Plusieurs projets d'envergure devraient voir le jour dans les prochaines années, à l'image des 14 trains à hydrogène commandés par la SNCF à Alstom ou des avions actuellement en développement chez Airbus. Lors des Jeux olympiques de 2024, EODev sera de nouveau sur le devant de la scène : la start-up produira de l'hydrogène avec de l'eau de la Seine et de la mer Méditerranée pour alimenter deux navettes qui circuleront à Paris et dans le port de Marseille.




