Une immense piste de ski indoor, le plus gros Hummer du monde, des jet-skis prenant la forme de luxueuses voitures pour rouler sur l’eau… Dubaï n’en est pas à sa première aberration écologique. Mais la ville émiratie, qui accueillera la COP28 en fin d’année 2023, veut changer d’image. Et le défi est de taille. En effet, les Emirats arabes unis font partie des pays à l’empreinte carbone par habitant la plus élevée au monde.
URB Pour inverser la tendance, ou du moins tenter de le faire, la société dubaïote URB a imaginé un projet aussi démesuré que les archipels en forme de palme qui caractérisent la municipalité ou les villas des stars de téléréalité et autres influenceurs qui s’y réfugient. Il s’agit d’un laboratoire flottant dédié à la restauration marine et à l’écotourisme baptisé «Dubai Reefs». Ce dernier comporterait des espaces résidentiels, commerciaux, d’enseignement et de recherche et générerait plus de 30 000 emplois. Avec sa surface de 200 kilomètres carrés, il constituera également un immense récif artificiel abritant plus de 1 billion de coraux et plus de 100 millions d’arbres de mangrove (palétuviers), selon URB.
URB Agriculture régénératrice des océans
Les bâtiments seraient alimentés à 100% par de l’énergie renouvelable produite sur place. En effet, l’archipel serait doté de structures comportant à la fois des panneaux photovoltaïques et des turbines marémotrices. Certaines abriteront même des fermes sous-marines basées sur le modèle de l’agriculture régénératrice des océans qui consiste à cultiver des plantes aquatiques, et à élever des mollusques et crustacés à la verticale.
URB «Etant donné que la quasi-totalité des terres les plus fertiles de la planète sont utilisées et que nos océans, qui couvrent plus des trois quarts de la planète, ne fournissent que 2% de notre nourriture, il est temps de rééquilibrer la situation en faveur d'une production alimentaire plus durable», explique l’entreprise qui met également en avant le fait que les algues peuvent absorber l’énergie des ondes de tempête et ainsi réduire le risque d’inondation côtière. Ces dernières séquestrent également le carbone et réduisent l’acidification des océans tandis que les huîtres filtrent de grandes quantité d’eau.
Alors que le niveau des mers augmente de jour en jour et menace des millions de personnes, l’habitat du futur sera probablement flottant. Comme Dubaï, les Maldives (1 200 îles et 26 atolls) l’ont bien compris. Une ville flottante surnommée «Maldives Floating City» est dès à présent en construction et devrait accueillir 20 000 personnes d’ici quatre à cinq années. Des solutions dont nous n'aurions peut-être pas besoin, si les spécialistes de l'aménagement du territoire faisaient preuve d'un peu plus... de sobriété.




