L'équipementier automobile Novares s'est placé en redressement judiciaire

La crise économique liée au Covid-19 fait l'une de ses premières victimes dans la filière automobile française. Fin avril, l'équipementier Novares s'est placé en redressement judiciaire.

Novares, équipementier automobile spécialisé dans les pièces en plastique, s'est placé fin avril en redressement judiciaire. L'entreprise n'a pas trouvé à temps un accord avec ses banques et ses actionnaires pour endiguer l'hémorragie de cash provoquée par la crise du Covid-19.

4 millions d'euros de cash brûlés chaque jour

Cette décision représente l'une des premières du genre en France pour une entreprise automobile victime de la chute d'activité liée à la pandémie. Elle illustre aussi la fragilité de la filière, même parmi ses acteurs installés, et les difficultés à mettre en place parfois les dispositifs de soutien bancaire prévus par le gouvernement.

Novares brûle 4 millions d'euros de cash chaque jour à cause de l'arrêt de la quasi-totalité de ses 45 usines mondiales. L'équipementier a estimé à 115 millions d'euros ses besoins pour redémarrer son activité fin mai.

Discussions avec les actionnaires de Novares

"Entre le processus de discussion avec nos banques et nos actionnaires, parti pour durer quasiment jusqu'en juillet, et nos clients [constructeurs] qui parlaient d'un redémarrage en mai, je ne voyais pas comment les deux plannings pouvaient être compatibles. C'est là que la voie judiciaire est apparue", a dit à Reuters Pierre Boulet, PDG de l'ex-Mecaplat, confirmant des informations publiées par Les Echos.

Après la nomination d'un mandataire ad hoc et le placement en redressement judiciaire de la holding pendant 34 jours, le planning prévoit que les négociations soient bouclées d'ici le 28 mai. Les discussions porteront notamment sur la demande du pool bancaire - une douzaine de banques françaises et étrangères - que les deux principaux actionnaires de Novares, le fonds Equistone (72 %) et BPIFrance (15 %), participent en investissant en capital.

Sans accord sur un plan de continuation - option habituellement préférée par le tribunal -, celui-ci examinera des offres de rachat de Novares, attendues parallèlement mi-mai. "J'ai de bonnes chances d'espérer qu'il y en ait au moins deux ou trois", a ajouté Pierre Boulet. Le dirigeant précise que sur les six propositions de candidats "actifs", deux-tiers émanent de fonds et un tiers d'industriels.

12 000 salariés

Créé à Monaco il y a 72 ans, le groupe a déjà frôlé la faillite en 2009. Il avait alors été sauvé par le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA), qui a intégré depuis le périmètre de BPIFrance. Rebaptisée Novares, l'entreprise de 12 000 salariés (dont 1 350 en France) a retrouvé le chemin de la croissance en misant sur le développement des surfaces tactiles et sur l'appétit pour les composants en plastique précieux pour réduire le poids des véhicules électriques et hybrides. Son chiffre d'affaires a doublé en huit ans, assorti en 2019 de résultats records.

Pierre Boulet espère redémarrer d'ici début juin une bonne partie de l'activité européenne, qui représente environ 46 % du chiffre d'affaires du groupe. La semaine du 11 mai, jusqu'à sept sites européens, relancés grâce à une avance des actionnaires, devraient venir s'ajouter aux cinq usines chinoises qui ont repris leur activité. En revanche, le redémarrage aux Etats-Unis - un quart des ventes - ne cesse d'être repoussé de semaine en semaine, a ajouté le PDG de Novares.

Avec Reuters (Gilles Guillaume, édité par Henri-Pierre André)

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