Jean-Dominique Senard se veut rassurant. L'annulation de l'introduction en Bourse d'Ampere, la filiale électrique et logiciels de Renault, n'aura pas d'impact sur l'investissement des partenaires japonais Nissan et Mitsubishi dans l'activité, a déclaré jeudi 1er février le président du groupe au losange. «On a toujours dit que ça dépendrait de l'état des marchés, donc ça ne change rien», a-t-il affirmé à Reuters, en marge des Rencontres des Sablons. Renault a justifié sa décision, communiquée le 29 janvier, par le fait que les conditions de marché faisaient planer un risque sur l'opération et que sa performance financière lui permettait de financer l'activité sur ses propres ressources.
Après de longs mois de discussions au cœur de la restructuration de l'alliance franco-japonaise, Nissan et Mitsubishi s'étaient engagés l'an dernier à investir respectivement 600 millions d'euros et 200 millions d'euros dans la filiale de leur partenaire français, que l'introduction en Bourse d'Ampere ait lieu ou non. «Les décisions ont été prises [...] Les montants ne sont pas en cause [...] La question est de savoir qu'est-ce que (l'investissement) représente dans l'entreprise, telle qu'elle va être, mais on n'a pas besoin de faire ça en deux jours», a-t-il ajouté.
La forme que prendra l’investissement de Nissan et Mitsubishi inconnue
Après l'annulation de l'IPO, envisagée jusqu'ici au premier semestre – plus précisément vers le mois de mai, selon une source proche du dossier –, le moment précis où Nissan et Mitsubishi investiront dans Ampere et la forme que prendra désormais leur participation font maintenant l'objet de discussions.
Interrogé jeudi 1er février en marge des résultats trimestriels de Mitsubishi Motors, le directeur financier du groupe japonais, Kentaro Matsuoka, a dit lui aussi à Reuters : «Nos projets communs avec Renault avancent comme prévu. Nous continuons à avoir des discussions pour la suite.» «A la question de savoir la forme précise que prendra notre investissement [...], nous ne pouvons pas faire de commentaires plus spécifiques. Nous serons ravis de l'expliquer exactement ou de faire une annonce quand le moment sera opportun», a-t-il ajouté.
Faire face à l’offensive chinoise
Sur la consolidation du secteur automobile, que le directeur général de Stellantis, Carlos Tavares, juge régulièrement incontournable face à l'offensive chinoise et pour laquelle il s'est dit fin prêt dans une interview à Bloomberg, Jean-Dominique Senard a refusé de faire un commentaire. «C'est mon travail de garder les yeux ouverts. Et si nous sommes un des gagnants, bien sûr qu'il y aura des opportunités», a dit Carlos Tavares dans cette interview publiée dans la soirée du mercredi 31 janvier. «Chacun a le droit de penser ce qu'il veut», a simplement répondu le président de Renault.
Avec Reuters (Reportage Gilles Guillaume, avec Daniel Leussink à Tokyo, édité par Jean Terzian)


