L’été 2021 aura souri à l’Airbus A321. Après United Airlines (70 appareils) en juin et Delta Airlines (30 appareils) fin août, c’est au tour de Jet2 de passer commandes pour ce monocouloir, la plus longue et plus récente version de la famille des A320. La compagnie aérienne britannique basée à Leeds a annoncé, mardi 31 août, une commande ferme pour 36 A321neo, qui pourrait être étendue plus tard à 60 appareils supplémentaires. Il ne s’agit pas d’une méga-commande pour Airbus, mais ce contrat est malgré tout marquant... Jet2 était jusque-là quasi exclusivement équipé de Boeing 737 MAX.
Fondée en 2022, Jet2 exploitait avant la crise une flotte de quelque 90 appareils, dont aujourd’hui environ 75 Boeing 737, moins d’une dizaine de 757 ainsi qu’un unique Airbus A321-200. Une fidélité historique à l’avionneur américain qui vole en éclats avec le contrat passé avec Airbus. Au prix catalogue, soit quelque 130 millions de dollars (110 millions d’euros) par appareil, la commande s’élève à près de 4 milliards d’euros.
L'A321neo au sommet
Cette commande marque une victoire symbolique d’Airbus face à Boeing. En pleine crise du transport aérien, une compagnie aérienne boude le 737 MAX, qui effectue progressivement son retour dans le ciel depuis quelques mois, au profit de son concurrent, l’A321neo. Un choix qui n’a rien d’évident, alors que les compagnies cherchent le plus souvent à uniformiser leurs flottes pour réduire les coûts d’exploitation. Et qui démontre que la relance commerciale que Boeing tente d’impulser pour son appareil, impliqué dans deux crashs mortels et qui a plongé Boeing dans la crise, n’est pas gagnée d’avance.

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Il faut dire que l’A321neo, dans sa version LR (long range) offre un rayon d’action de 7 400 km avec un maximum théorique de 244 sièges, quand le 737 MAX 8 peut parcourir une distance maximale de seulement 6 570 km pour 210 passagers. Quant à la version XLR de l’A321, qui entrera en service en 2023, elle sera même capable de parcourir des distances de 8 700 km, ouvrant la voie à des vols transatlantiques jusque-là réservés aux long-courriers. L’appareil, dans ses différentes versions, pourrait constituer pour les compagnies aériennes la meilleure option de sortie de crise, avec un niveau de rentabilité inégalable.
A fin juillet, Airbus cumulait 3 537 commandes d’A321neo, dont 580 ont déjà été livrés. Depuis le début de l’année, l’avionneur a engrangé 174 commandes pour cet appareil, mais avait enregistré 42 annulations fin juillet. Signe de l’appétence des compagnies aériennes pour ce type d’appareils, les commandes d’A321neo commencent à talonner celles de l’A320neo, avec 3 858 exemplaires commandés à fin juillet, dont 1 294 déjà livrés. Depuis le début de l’année, les commandes d’A320neo sont d'ailleurs en berne, avec 30 commandes pour 80 annulations.
Airbus a engagé une course de vitesse
Pour autant, le Boeing 737 MAX n’est pas coulé, malgré la période pour le moins tumultueuse qu’il a traversée depuis plus de deux ans. Depuis le début de l’année, Boeing a enregistré un total de 524 commandes pour son monocouloir remotorisé, soit une meilleure performance commerciale qu’Airbus. Mais Boeing a essuyé ces deux dernières années de nombreuses annulations, sans doute autour de 1 300, amenant le nombre total de commandes à environ 3 300 appareils, contre près de 7 500 pour Airbus en comptant les différentes versions de l’A320neo.
Signe d'un certain retour de confiance de la part des compagnies aériennes, cette commande souligne aussi la course de vitesse dans laquelle s'est engagé Airbus. Alors que Boeing est aux prises d'une série de difficultés, l'avionneur européen cherche à gagner des parts de marché sur le segment le plus lucratif et prometteur du transport aérien, à savoir les courts et moyens-courriers. Une dynamique qui se retrouve sur le plan industriel. Quand les cadences de production du 737 MAX s'établissent à 16 appareils par mois aujourd'hui avec un objectif de 31 exemplaires par mois début 2022, celles de l'A320neo sont proches de 45 avions par mois et devraient s'envoler à 64 en 2023.



