L’Inde lève l’interdiction du Boeing 737 MAX, la Chine résiste encore

L’Inde vient de lever l’interdiction de vol pour le Boeing 737 MAX. Alors que la Chine reste le dernier pays où l’appareil est encore interdit, l’avionneur espère enfin relancer la dynamique industrielle et commerciale de son monocouloir.

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Boeing 737 MAX
Peu à peu, le Boeing 737 MAX revient dans l'espace aérien. Après la levée de l'interdiction de vol par l'Inde, la Chine pourrait bientôt lui emboîter le pas.

Le ciel se dégage encore un peu plus pour le Boeing 737 MAX. L’Inde a fait savoir jeudi 26 août qu’elle levait l’interdiction de vol de l’appareil, après presque deux ans et demi d’immobilisation au sol. Le pays avait lâché du lest en avril dernier, autorisant le survol du pays par des appareils enregistrés dans d’autres pays. Alors que les Etats-Unis, l’Europe et les autres principaux pays du monde ont donné leur feu vert ces derniers mois à un retour de cet appareil dans le trafic aérien, la Chine reste le dernier obstacle au retour en grâce de cet appareil impliqué dans deux crashs mortels en 2018 et en 2019.

En levant cette interdiction qui courait depuis le 13 mars 2019, l’Inde signifie que les 737-8 et 737-9 MAX répondant aux nouvelles exigences de sécurité touchant à la fois aux équipements et aux logiciels, en particulier celles définies par l’Agence fédérale de l'aviation américaine (FAA) et l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA), sont en mesure de voler. Boeing aurait en outre installé en Inde un simulateur de vol dédié au 737 MAX pour former les pilotes, selon des informations de Bloomberg publiées cet été.

Le prometteur marché indien

Pour Boeing, c’est un pas de plus vers un retour à la normale pour ce programme qui a lourdement entaché sa réputation. Et une bonne nouvelle d’un point de vue commercial, alors qu’Airbus est largement majoritaire en Inde. Seuls 18 Boeing 737 MAX ont été exploités à ce jour dans le pays, 13 par la compagnie aérienne Spicejet et 5 par Jet Airways mais qui se trouve en grandes difficultés financières. L’avionneur ne compte donc qu’un seul et unique client indien.

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Boeing va pouvoir revenir à l’offensive : il espère notamment pouvoir bientôt passer un gros contrat avec Akasa, une toute nouvelle compagnie détenue par le milliardaire Rakesh Jhunjhunwala. Mais le géant américain compte rallonger la liste de ses clients. En avril dernier, Boeing estimait que le marché indien, poussé par la forte croissance du pays, représenterait 2200 nouveaux avions dans les 20 prochaines années, représentant un marché de quelque 320 milliards de dollars (272 milliards d’euros).

Une relance industrielle en ligne de mire

Le feu vert indien, et surtout celui à venir côté Chine, peut-être d’ici la fin de l’année, devraient contribuer dans les prochaines années à relancer le 737 MAX, d’un point de vue commercial et industriel. Depuis le début de l’année, Boeing a enregistré un total de 524 commandes pour son monocouloir remotorisé, soit un carnet de commandes d’environ 3300 appareils à ce jour malgré le grand nombre d’annulations. Et environ 200 appareils sont de nouveau exploités.

En termes de livraisons, Boeing a pu en assurer un total de 127 depuis le début de l’année. Aujourd’hui, la cadence de production s’établit à 16 appareils par mois et l’objectif officiel est d’atteindre la cadence de 31 exemplaires par mois début 2022. Des chiffres bien éloignés de ce qui était initialement prévu par l’avionneur, à savoir une cadence de 52 exemplaires par mois début 2019 puis 57 à l’été 2019. Si le ciel chinois s’ouvre et que la confiance dans l’appareil revient, Boeing espère enfin pouvoir faire décoller la production de son monocouloir malgré le ralentissement provoqué par la pandémie mondiale.

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