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[Infographie] Les équipementiers automobiles européens ont été les plus secoués par la crise

D’après une étude du cabinet Roland Berger et de la banque Lazard, les équipementiers européens ont été les seuls à voir leurs marges passer en négatif au premier semestre 2020.

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Les équipementiers automobiles ont vu leurs marges s'écrouler à une moyenne de 1,7% au premier semestre, selon le cabinet Roland Berger.

Il fallait hélas s’y attendre. Les équipementiers automobiles ont été fortement affectés par l’épidémie de la Covid-19 qui paralyse l’économie mondiale depuis de longs mois. Comme chaque année, le cabinet Roland Berger et la banque Lazard ont passé au crible la performance de 600 entreprises du secteur à travers le monde. Voici leurs conclusions.

La marge d’exploitation (EBIT) moyenne de ces acteurs, déjà en recul en 2019, s’est écroulée à 1,7% au cours du premier semestre 2020.

Le chiffre d’affaires des équipementiers automobiles a suivi la même trajectoire, avec une contraction de 25% sur les six premiers mois de 2020. Ces niveaux devraient cependant remonter légèrement sur l’ensemble de l’année. La marge devrait être comprise entre 2 et 3% en 2020. Les revenus ne devraient être en recul "que" de 15 à 20% sur douze mois, grâce au "rebond de l’activité observé en fin d’année", précise Eric Kirstetter, directeur associé senior au sein du cabinet Roland Berger.

Une reprise dont a profité avant tout un pays : la Chine. En témoigne la reprise des ventes de véhicules légers. D’après le cabinet Roland Berger, les volumes sont remontés dès le deuxième trimestre 2020, pour revenir à des valeurs semblables à 2019 à partir du troisième. Bilan : les ventes de voitures neuves devraient atteindre 22 millions d’unités en 2020, selon les calculs de Roland Berger pour le premier marché automobile mondial, contre 25 millions en 2019.

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Equipementiers automobiles 2020

Infogram

(Infographie réalisée par Julie Thoin-Bousquié)

Des entreprises en sous-performance

Mieux encore, "la Chine devrait dépasser ses records de ventes d’ici 2026, avec des volumes supérieurs à 29 millions de véhicules. A l’inverse, l’Europe aura le moins bon rebond à long terme. La démographie en Europe de l’Ouest et le taux d’équipement très élevé dans la région expliquent cette faible reprise", détaille Eric Kirstetter. Le cabinet attend des ventes s'élevant à quasiment 14 millions d’unités cette année, contre 18 millions en 2019, et de seulement 17 millions d’unités vers 2026. 

Ces écarts de performances entre les marchés se ressentent sur les résultats des équipementiers. Les acteurs chinois se sont sortis du périlleux premier semestre 2020 avec une marge de 4,5%. Loin devant les Européens, dont le niveau de marge moyen, déjà parmi le plus bas du secteur en 2019, a basculé à -0,2% sur la période. "Les marges des équipementiers européens ont été touchées par plusieurs cas de restructurations en plus de la crise de la Covid-19", observe Roland Berger dans son étude.

Des résultats à mettre en regard de l’analyse des performances entre 2009 et 2019 menée par le cabinet sur environ 300 équipementiers. Quand l’Amérique du Nord et la Chine comptent plus de 45% d’entreprises "gagnantes" – entendues comme des sociétés investissant massivement et générant des marges supérieurs à la moyenne –, l’Europe n’en compte que 36%. Mais surtout, 30% des groupes issus du Vieux Continent sont classés comme étant en "sous-performance".  

"Logique de conquête"

"C’est un chiffre alarmant. Il est notamment lié à la pression réglementaire en Europe, qui pénalise fortement les acteurs positionnés sur des activités en recul comme les moteurs thermiques", estime Eric Kirstetter. Seuls les sociétés japonaises et sud-coréennes affichent des niveaux inférieurs, d’après Roland Berger. "Dans ces deux pays, les groupes ont toujours été soutenus par les grands constructeurs locaux et ont du mal à se réinventer pour aller chercher de nouveaux marchés", observe le spécialiste.

A l’inverse, "les acteurs chinois sont dans une logique de conquête. Ils se montrent agressifs sur les prix pour conquérir des volumes et devenir leaders sur leur marché, même si cela se fait au détriment de la profitabilité", considère Eric Kirstetter. Pour les auteurs de l’étude, les "winners" ont en commun d’être leaders sur leurs produits et d’avoir une stratégie cohérente – effort massif de R&D, synergies sur l’ensemble du portefeuille, désinvestissements pour ajuster ce même portefeuille, etc.

Ces équipementiers travaillent aussi sur leur taille – en s’assurant une présence mondiale – et affichent des résultats supérieurs aux estimations, tout en œuvrant à un déploiement efficace des ressources, liste Roland Berger. Des chantiers multiples à mener sur fond de reprise incertaine des ventes à travers le monde et de transformations majeures pour l’industrie automobile – véhicule électrique, autonome, mobilité partagée, etc. Pas évident.

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