[Hyvolution 2024] Le programme H2DEC se lance pour accélérer le développement de technos de rupture dans l’hydrogène décarboné

Le programme H2DEC a été lancé ce mardi 30 janvier à l’ouverture à Paris du salon Hyvolution, dédié à l'hydrogène. Disposant de cinq ans et de 13,2 millions d’euros, il contribuera à accélérer la mise sur le marché de technologies innovantes dans le domaine de l’hydrogène décarboné. Ses copilotes, les SATT Sayens et Linksium, détaillent ce programme pour Industrie & Technologies
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H2

L’ouverture du salon Hyvolution, ce mardi 30 janvier à la porte de Versailles, à Paris, a été l’occasion du lancement officiel du programme H2DEC dans le cadre de France 2030, visant à accélérer la mise sur le marché de technologies innovantes à « haut potentiel » dans la production, le stockage et la conversion d’hydrogène décarboné – les trois axes de la stratégie nationale d’accélération Hydrogène décarboné.

85% de la recherche publique française impliquée

Doté de 13,2 millions d’euros, ce projet copiloté par la SATT Sayens et la SATT Linksium, est né du rapprochement des projets PREHMADE, dont la SATT Linksium était chef de file avec le CEA, et MSNA-H2, porté par la SATT Sayens, retenus dans le cadre de l’appel à projets Prématuration-Maturation lié à la stratégie nationale d’accélération. Il réunit 18 partenaires : « Chaque partenaire ayant des établissements rattachés, cela fait une arborescence qui, in fine, couvre 85% de la recherche publique française », indique Yohann Chatillon, responsable programme innovation à la SATT Linksium.

« Sayens sera chef de file pour la prématuration, Linksium pour la maturation, et le CEA jouera un rôle stratégique particulier dans la gouvernance du programme, en tant que coordinateur principal du PEPR hydrogène décarboné », précise Catherine Guillemin, présidente de la SATT Sayens. 

Prévu pour une durée de cinq ans, ce programme se divisera en deux périodes, « avec une première enveloppe pour une première période qui s’étalera jusqu’à fin 2024, puis le déblocage d’une seconde enveloppe, pour les trois dernières années », selon Yohann Chatillon. 

Près de 100 projets sélectionnés au total

Près de 65 projets devraient ainsi être sélectionnés pour la prématuration (TRL 2-3) et une trentaine pour la maturation (TRL 3 à 6), selon un processus bien spécifique : « L’idée est de faire remonter des projets, à travers notre consortium, via des appels à projets. Nous appliquons un premier filtre, dans la cellule exécutive, pour ne garder que les projets qui s’insèrent dans les axes prioritaires », détaille Yohann Chatillon.

Puis, tous les trois mois, un comité d’engagement et de suivi est organisé, réunissant trois collèges : un collège des représentants des partenaires, un collège des représentants de l’Etat, et enfin, un collège d’experts du monde socio-économique. « Les candidats y présentent leur projet à travers une présentation d’une quinzaine de minutes puis nous échangeons une vingtaine de minutes avec eux pour vérifier qu’ils s’intègrent bien dans les axes stratégiques », stipule-t-il. 

Des projets opérationnels d'ici à 2030

Côté financements, parmi les 13,2 millions d’euros, 5,2 millions seront attribués à la prématuration et 8 millions à la maturation. « Les montants en maturation sont plus élevés, puisque, pour ce type de projets, on peut monter jusqu’à 300 000 euros si le projet a un potentiel contre 80 000 euros pour les projets en prématuration. Par ailleurs, cela n’empêche pas que le financement total soit plus important, comme les SATT apportent leurs cofinancements dans ces deux phases », d’après Catherine Guillemin, qui souligne : « s’il y a un projet à potentiel, et qu’il faut mettre les moyens pour arriver à la solution technologique, on ira ».

Objectif : que ces projets soient opérationnels d’ici à 2030.  « Il y aura alors deux voies de transfert en maturation, soit l’incubation qui aboutit à une création de start-up - ce qui représente quatre cas sur cinq chez Linksium - si on est sur une technologie disruptive, soit le licensing industriel », explique Yohann Chatillon. 

4 projets déjà labellisés

Actuellement, un seul comité s’est déjà tenu depuis le lancement officieux du programme à la fin de l’année 2023. Selon le responsable programme innovation chez Linksium, « quatre projets ont été labellisés pour un abondement, trois projets en prématuration et un projet en maturation. Ils concernent essentiellement les matériaux qui permettent soit d’améliorer la production de l’hydrogène, soit son stockage ». Les technologies de rupture qu’ils comportent restent elles, pour le moment, confidentielles. 

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