Honda s'allie à TSMC dans l'espoir de surmonter l’interminable pénurie de semi-conducteurs

Le constructeur japonais Honda a conclu une «collaboration stratégique» avec le leader mondial du marché des puces, le taïwanais TSMC. Le rapprochement entre les deux entités devrait commencer à porter ses fruits à partir de 2025, alors que la production automobile mondiale continue de souffrir de la pénurie de semi-conducteurs.

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Toshihiro Mibe, PDG Honda (2021)
Selon le PDG de Honda, Toshihiro Mibe, «un approvisionnement stable en semi-conducteurs devient de plus en plus important à mesure que l'électrification et la numérisation des produits de mobilité se poursuivent».

Longue comme un jour sans pain. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, la pénurie de semi-conducteurs pénalise considérablement l’industrie automobile mondiale. Garantir un approvisionnement stable en semi-conducteurs pour permettre une production en flux tendu est en effet un enjeu majeur pour tous les constructeurs. En ce début d’année 2023, le marché des puces reste en tension, comme en atteste l’arrêt récent, pour dix jours, de l’usine Stellantis de Sochaux (Doubs). Dans ce contexte, ce sont près de 2,8 millions de véhicules dans le monde qui pourraient ne pas être construits en 2023, selon les analystes du spécialiste américain des données de production automobile AutoForecast Solutions.

Une «collaboration stratégique» avec TSMC

Face à ce constat, le constructeur japonais Honda cherche la parade, après avoir annoncé une réduction de ses objectifs de ventes en volume et en valeur pour l'exercice 2022/23 achevé le 31 mars, pour cause notamment de problèmes d’approvisionnement en semi-conducteurs. Le groupe annonce s’allier à un géant des semi-conducteurs: le taïwanais TSMC, leader mondial du marché. «Dans une perspective à moyen et long terme, Honda a établi des relations de coopération avec des fabricants de semi-conducteurs, notamment une collaboration stratégique avec Taiwan Semiconductor Manufacturing Company Limited (TSMC)», annonce le constructeur japonais dans un communiqué publié mercredi 26 avril.

Cette décision est un véritable changement de paradigme, selon le PDG de Honda, Toshihiro Mibe, qui a déclaré lors d’un point presse que «par le passé, il n'y avait pratiquement pas de discussions directes entre les constructeurs automobiles, y compris Honda, et les fabricants de semi-conducteurs». Aujourd’hui, la donne a changé: «Un approvisionnement stable en semi-conducteurs devient de plus en plus important à mesure que l'électrification et la numérisation des produits de mobilité se poursuivent», assure encore le patron de l’entreprise, qui ne cache pas que ce réveil tardif va continuer de pénaliser le constructeur au cours des prochains mois. Honda estime que les effets de son rapprochement avec TSMC commenceront à se faire sentir à partir de son exercice fiscal de 2025.

A court terme, le constructeur précise avoir tout mis en œuvre pour que la pénurie pénalise le moins possible son calendrier de production: renforcement des relations avec les fournisseurs, double approvisionnement en pièces clés et développement de pièces de rechange... D’ici à 2040, le constructeur japonais a pour objectif que l’ensemble de ses véhicules soient électriques, que ce soit avec des batteries ou à l’hydrogène.

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