La conquête internationale de Leapmotor est lancée. Après avoir noué un partenariat mondial avec le constructeur franco-italo-américain Stellantis pour l’exportation de ses véhicules électriques, le constructeur chinois Leapmotor, fondé en 2015, commence à expédier ses modèles T03 et C10 vers l’Europe.
La petite citadine assimilable à une Renault Twingo (déjà disponible en France) et l’imposant SUV de 4,7 mètres de long aux allures de Porsche Cayenne sont deux modèles diamétralement opposés. Ils serviront à tester l’appétit des automobilistes européens pour les véhicules chinois à batterie.
Sur une photo diffusée le 30 juillet par Stellantis, des véhicules des deux modèles apparaissent sagement alignés sur un quai dans le port de Shanghai, devant l’immense cargo qui doit les faire voguer jusque sur les routes du Vieux Continent. «La première livraison ce mois-ci [en août] de véhicules T03 et C10 de Leapmotor en Europe représente un moment historique dans le partenariat entre Stellantis et Leapmotor, a déclaré Carlos Tavares, PDG de Stellantis, cité dans un communiqué. Je suis convaincu que les véhicules électriques Leapmotor seront largement acceptés par les clients européens.»
C’est en tout cas le pari de Stellantis, qui veut promouvoir une marque qui ne dispose pas encore d’une notoriété certaine au-dehors de son marché national. En octobre 2023, le constructeur issu de la fusion en 2021 de Fiat-Chrysler et de PSA Peugeot Citroën a acquis 21% du capital de Leapmotor pour 1,5 milliard d’euros.

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Fabrication en Chine… et bientôt en Europe ?
Cet investissement est intervenu dans un contexte où les quatorze marques de Stellantis ont très largement délaissé depuis 2019 un marché automobile chinois ultra-compétitif et récemment en proie à une féroce guerre des prix. Mais surtout alors que les groupes automobiles chinois, au premier rang desquels BYD et SAIC, tentent une percée internationale en Asie du Sud-Est, en Amérique latine et… en Europe.
Face à la crainte d’une arrivée massive de véhicules électriques chinois en partie subventionnés par la République populaire et donc plus compétitifs que leurs équivalents occidentaux, l’Union européenne souhaite imposer une surtaxe sur les importations de véhicules électriques chinois. Des droits de douanes provisoires ont été imposés début juillet par la Commission européenne. Une décision définitive en la matière est attendue au début du mois de novembre.
Dans ce contexte, les industriels de l’automobile mettent en garde depuis plusieurs mois contre la formation de «bulles commerciales» qui distordent la concurrence et segmentent une industrie globalisée tout en favorisant économiquement la localisation de la production automobile en bordure ou au sein de l’espace économique européen. Des rumeurs persistantes indiquent ainsi que Stellantis pourrait produire des véhicules Leapmotor dans son usine polonaise de Tychy, comme l’a notamment affirmé la banque d’investissement Jefferies mi-juin.
Des exportations dans plusieurs régions du globe
Stellantis, qui a l’exclusivité de l’exportation et la production de véhicules Leapmotor en dehors de Chine via la coentreprise Leapmotor International (qu’il détient à 51% et consolide dans ses comptes), a pour ambition de commercialiser au moins un nouveau modèle par an au cours des trois prochaines années. Après l’Europe, la marque compte élargir son implantation commerciale aux régions Moyen-Orient et Afrique, Asie-Pacifique, et Amérique du Sud dès la fin de l’année 2024.



