Feu vert des députés allemands au projet européen d’avion de combat du futur, le SCAF

Outre-Rhin, le parlement a voté le financement de la contribution allemande pour développer un démonstrateur dans le cadre du programme de système de combat aérien du futur. Ce programme, co-financé avec la France et l’Espagne, se chiffre en dizaines de milliards d’euros avec des dizaines de milliers d’emplois à la clef.

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SCAF image de synthèse
Le démonstrateur du futur avion de combat européen qui doit voler d'ici fin 2026, sera équipé d'un moteur de Rafale.

Le programme SCAF vient de franchir une étape majeure. Le parlement allemand, le Bundestag, a voté favorablement pour le financement de la prochaine étape du programme de système de combat aérien du futur. Le ministère allemand de la Défense l’a confirmé via son compte twitter ce mercredi 23 juin : cette approbation "signifie que des projets d'armement d'un volume de plus de 19 milliards d'euros ont été lancés - y compris des projets tels que #FCAS et #Pegasus".

Hans-Dieter Lucas, l’ambassadeur d’Allemagne à Paris s’est également félicité de cette avancée. "Le Bundestag a donné son feu vert pour la prochaine phase du SCAF. C’est une bonne nouvelle pour la défense de l’Union Européenne, car le système de combat aérien du futur en sera un élément crucial", a-t-il insisté. Florence Parly, la ministre française des Armées, a également salué le vote des parlementaires allemands.

Des enjeux industriels considérables

Ce programme porté par la France (en tant que leader), l’Allemagne et l’Espagne  vise à remplacer leurs Rafale et leurs Eurofighter à horizon 2040 en développant également des technologies de cloud de combat, des drones ainsi des systèmes de communications sécurisées. L’accord de financement du Bundestag est un soulagement pour tous les participants au programme SCAF, autant les Etats que les industriels. Dans le cas contraire, les discussions et les négociations auraient été reportées de plusieurs mois du fait des prochaines élections fédérales en Allemagne en septembre.

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Vu les enjeux technologiques, industriels et militaires, ces négociations ont été difficiles et il a fallu trouver un accord au forceps. En février dernier, la chancelière Angela Merkel n’avait pas hésité à soulever les difficultés en matière de partage de la charge industrielle et de propriété intellectuelle. Finalement, sous la pression des Etats pour aboutir à un accord, Airbus et Dassault Aviation, en charge du développement de l’appareil, ont fini par trouver un compromis. Par ailleurs, les trois motoristes, Safran pour la France, MTU Aero Engines pour l’Allemagne et ITP Aero pour l’Espagne, avaient également trouvé un compromis le 29 avril dernier pour motoriser le futur avion de combat, en prenant en compte les compétences de chacun.

Des nouvelles règles de gouvernance

Les grands programmes d’armement en coopération sont souvent difficiles à mener. D’où ces derniers mois d’âpres négociations sur la gouvernance du programme SCAF et le leadership industriel. Ni les Etats ni les industriels ne veulent répéter les déboires rencontrés par l’A400M, le programme d’avion européen de transport militaire qui a coûté à Airbus et aux Etats des milliards d’euros de surcoûts et qui avait été livré avec des années de retard aux armées. Et l'enjeu est encore plus important avec le SCAF. Ce projet industriel se chiffre en dizaines de milliards d’euros avec des dizaines de milliers d’emplois à la clef et des perspectives à l’exportation.

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