Après les industriels, la France, l'Allemagne et l'Espagne se sont mis d’accord sur le futur avion de combat européen, le SCAF

C’est une nouvelle phase politique qui était très attendue, après les accords survenus récemment entre les avionneurs et motoristes sur le développement du système de combat aérien du futur européen, le SCAF. La France, l’Allemagne et l’Espagne ont annoncé le 17 mai avoir finalisé leurs discussions.

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Les systèmes de combat de nouvelle génération comme l'avion de combat du futur sont de plus en plus complexes à développer et coûtent de plus en plus cher.

Il était attendu fin avril. L’accord entre les pays au sujet du SCAF, le système de combat aérien du futur européen, est finalement intervenu lundi 17 mai. Dans un communiqué de presse, Florence Parly, ministre des Armées de la France, Annegret Kramp-Karrenbauer, ministre de la Défense d'Allemagne, et Margarita Robles, ministre de la Défense d'Espagne, se félicitent d'annoncer la finalisation des discussions portant sur le contenu de la prochaine phase de ce programme, qui doit aboutir en 2027 au premier vol d'un démonstrateur de l'avion de combat de nouvelle génération.

Successeur du Rafale...

Le programme SCAF vise à remplacer les Rafale et les Eurofighter à horizon 2040 en développant également des technologies de cloud de combat, des drones ainsi que des systèmes de communications sécurisés. Un tel programme, chiffré en dizaines de milliards d'euros, mobiliserait des dizaines de milliers d'emplois dans les trois pays qui le financeraient à parts égales.

Les ministres estiment être parvenus « à un accord équilibré entre les différents partenaires pour la prochaine étape de la phase de démonstration du programme. Les arrangements étatiques correspondants sont désormais prêts à suivre les processus administratifs nationaux en vue d'une validation formelle ». Concrètement, le SCAF sera composé d'un « NGF » (New Generation Fighter, l'avion de combat de nouvelle génération), de « Remote Carriers » (plateformes aériennes pilotées à distance) et d'un cloud de combat conçu pour assurer la supériorité informationnelle. Le SCAF, qui s'intègrera pleinement dans les différents systèmes nationaux de combat aérien du futur, confèrera une supériorité opérationnelle dans des environnements fortement contestés.

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D’âpres négociations entre les industriels

« Le schéma de coopération retenu offre une opportunité inédite de renforcer les atouts industriels des trois pays participants, tout en assurant la compétitivité du futur système », assurent leurs ministres. Cette entente s’inscrit en effet dans la foulée des accords passés entre les industriels, après d’âpres négociations.

Début avril, les avionneurs Airbus et Dassault Aviation avaient accordé leurs violons pour la réalisation du démonstrateur, alors que leurs positions paraissaient difficilement conciliables. Le premier évoquait même la possibilité d'un plan B, quand le second s'y refusait catégoriquement.

Dassault Aviation estimait que les conditions n’étaient pas réunies pour assurer pleinement sa responsabilité de maître d’œuvre au vu du partage des tâches souhaité par Airbus. Avec, en point d’orgue, la répartition des lots stratégiques comme les commandes de vol électriques, le système de mission, la furtivité, les essais en vol… Pour réconcilier les deux points de vue, la France - qui s’est vu attribuer le leadership du programme SCAF - et l’Allemagne étaient directement intervenues par l’intermédiaire de leurs ministres de la Défense.

Côté moteur, Safran (France), MTU Aero Engines (Allemagne) et ITP Aero (Espagne) se partageront le développement à parts égales. Ils ont annoncé un accord fin avril : la charge industrielle pour développer le moteur du futur avion de combat européen sera répartie à parts égales entre la France, l'Allemagne et l'Espagne en tenant compte des compétences de chaque motoriste. Le démonstrateur de l’appareil qui doit voler d'ici à fin 2026 sera ainsi équipé d'un moteur de Rafale.

Les projets européens d’avion de combat du futur pourraient-ils par ailleurs converger ? Paris est ouvert au rapprochement entre le programme SCAF avec le projet concurrent Tempest associant le Royaume-Uni, l’Italie et la Suède. « Nous sommes l’un et l’autre en phase de conception. Je pense dans les années qui viennent que les choses pourront évoluer […] De notre côté, la porte est ouverte. C’est-à-dire que si nous pouvons un jour rapprocher les deux projets d’avions de combat qui existent à l’échelle européenne, ce serait quand même une bonne chose pour tous », avait indiqué Joël Barre, le patron de la DGA (Direction générale de l’armement) le 3 mai sur le plateau de BFM Business.

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