Fermée en 1985, la friche de l'aciérie Thyssen d'Hagondange peine à lancer sa deuxième vie

Symbole de la crise de la sidérurgie en Lorraine au cours des années 1980, la friche de l'ex-aciérie Thyssen d'Hagondange n'a toujours pas réussi à retrouver son niveau d'activité perdu. Après le semi-échec d'un parc d'attraction finalement érigé à proximité, le groupe Beck y porte un projet d'investissement d'ampleur qui n'a pas encore été concrétisé.

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Groupe Beck engage la réhabilitation de 85 hectares de la friche sidérurgique de Talange
Présenté en 2021 un projet principalement logistique de 170 millions d'euros d'investissement, n'a pour l'instant pas trouvé preneur.

C'est l'un des premiers sites de cette envergure éteints, en Lorraine, par la crise de la sidérurgie. Fermée en 1985, l'aciérie Thyssen d'Hagondange (Moselle) a laissé place à 80 hectares de friche, un foncier qui peine à retrouver des emplois.

Pourtant, l'idée d'y aménager un parc de loisirs avait émergé immédiatement après sa mise à l'arrêt. Patrick Abate, le vice-président du Syndicat mixte d'études et d'aménagement des friches industrielles, se souvient «des 10 000 mètres carrés de bureaux rénovés à grands frais au-dessus des anciens ateliers centraux afin d'accueillir la société d'exploitation du parc». Porté à bout de bras par les pouvoirs publics, Big Bang Schtroumpf verra le jour en 1989, non sur la friche, trop complexe à dépolluer, mais sur une réserve foncière de Thyssen préalablement déboisée. En faillite deux ans plus tard, l'équipement ne réalisera jamais sa promesse de recréer un millier d'emplois, mais subsiste sous le nom de Walygator.

Un projet d'ampleur en suspens

Échaudés, les élus saisissent en 2008 l'opportunité de céder le foncier à un entrepreneur du BTP, Philippe Beck. Cet Alsacien consacre cinq années et plus de 15 millions d'euros à déconstruire et dépolluer le site. Il y installe ses activités dans le stockage de granulats, la logistique de matériaux de construction et le traitement de déchets. Pour trouver un avenir aux 30 hectares non occupés, le président du groupe s'associe à plusieurs acteurs régionaux. Ensemble, ils présentent en 2021 un projet de 170 millions d'euros d'investissement, dont les deux tiers portent sur la construction de deux bâtiments logistiques (128000 mètres carrés). Ce projet n'a pour l'instant pas trouvé preneur, tandis que celui de créer une unité de méthanisation a été abandonné. Seule concrétisation, un centre de R&D dédié au traitement de l'amiante a achevé ses essais en juin 2024. Mais l'entrepreneur demeure optimiste, conscient que la reconversion d'un siècle de sidérurgie lorraine est un travail de longue haleine.

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